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Le Guide gastronomique de Sarah Lavanchy

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Kwong Ming
Kwong Ming
26.01.2012, 22:06
Un des meilleur chinois que j'ai mangé. Après une heure de route, nous avions vraiment très faim... Et nous avons été très satisfait.... Le décor, le service, la nourriture! Si c'était à côté de chez moi, j'y retournerais souvent. Nous avons testé le poulet sauté au basilic, le boeuf croustillant, la salade de crevettes géantes et le canard à la mode de canton (enfin pour le dernier je crois que c'est ça). Tout était vraiment très très bon !
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Le Café des Roches
Le Café des Roches
26.01.2012, 21:57
Je m'y suis rendue, avec le passeport gourmand... J'étais avec une amie et souhaitions passer une bonne soirée à manger et papoter entre filles... On était à deux doigts de changer de restaurant, après avoir consulter la carte. Car il n'y avait pas grand chose à part des plats de pâtes (genre: carbonara, bolo, rien de plus), des steaks ou alors fondue bourguignonne. Nous avons choisi la bourgi et franchement pas top. Le patron qui était au service était franchement lourd.... Donc soirée moyenne !
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Hostellerie Chez Chibrac
Hostellerie Chez Chibrac
26.01.2012, 21:45
J'y suis allée début septembre, lorsqu'il faisait encore beau et chaud ! La terrasse un vrai atout, agréable, calme, ombragée et belle vue! Nous avons pris le menu du marché : La terrine de canard et sa confiture d'oignons * * * La marmite du marché * * * Le filet du pêcheur et sa sauce safranée * * * La palette de sorbets C'était un régal. Et il y avait bien assez à manger, pour un gastro !
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de la Radio
de la Radio
26.01.2012, 21:37
Franchement pas grand chose à dire... Les prix plutôt cher pour ce qu'on a dans l'assiette... et là je ne parle que du visuel.... Lorsque l'on passe au côté gustatif, on se dit que c'est vraiment très très cher...
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Double Z
Double Z
26.01.2012, 21:30
Restaurant très bien situé au centre ville de Lausanne... Adresse sympa ! Faut réserver c'est généralement bondé.... La carte change souvent... Les menus du jour sont approximativement 20 frs, et plutôt originaux et très bon.
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Un des meilleur chinois que j'ai mangé. Après une heure de route, nous avions vraiment très faim... Et nous avons été très satisfait.... Le décor, le service, la nourriture! Si c'était à côté de chez moi, j'y retournerais souvent. Nous avons testé le poulet sauté au basilic, le boeuf croustillant, la salade de crevettes géantes et le canard à la mode de canton (enfin pour le dernier je crois que c'est ça). Tout était vraiment très très bon !
Les toilettes trop petites pour la taille du restaurant.... Toujours la queue !
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Je m'y suis rendue, avec le passeport gourmand... J'étais avec une amie et souhaitions passer une bonne soirée à manger et papoter entre filles... On était à deux doigts de changer de restaurant, après avoir consulter la carte. Car il n'y avait pas grand chose à part des plats de pâtes (genre: carbonara, bolo, rien de plus), des steaks ou alors fondue bourguignonne. Nous avons choisi la bourgi et franchement pas top. Le patron qui était au service était franchement lourd.... Donc soirée moyenne !
la carte, le service, le décor.... Et franchement, c'est plutôt désagréable de se faire reluquer à la sortie des toilettes par une équipe de piliers de bar.
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J'y suis allée début septembre, lorsqu'il faisait encore beau et chaud ! La terrasse un vrai atout, agréable, calme, ombragée et belle vue! Nous avons pris le menu du marché : La terrine de canard et sa confiture d'oignons * * * La marmite du marché * * * Le filet du pêcheur et sa sauce safranée * * * La palette de sorbets C'était un régal. Et il y avait bien assez à manger, pour un gastro !
Je ne vois pas
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Franchement pas grand chose à dire... Les prix plutôt cher pour ce qu'on a dans l'assiette... et là je ne parle que du visuel.... Lorsque l'on passe au côté gustatif, on se dit que c'est vraiment très très cher...
La carte, les prix, et un petit sourire ! :-)
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Restaurant très bien situé au centre ville de Lausanne... Adresse sympa ! Faut réserver c'est généralement bondé.... La carte change souvent... Les menus du jour sont approximativement 20 frs, et plutôt originaux et très bon.
Peu de tables et espacement très étroit... J'ai dû me lever pendant le repas afin de laisser passer un monsieur qui avait lui terminé son repas.
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Très jolie brasserie, proche de la place Chauderon... La véranda est vraiment sympa... Le poisson du lac, un délice. J'ai pris les filets de perche et la personnel qui m'accompagnait le filet de Féra du lac ! Vraiment pas déçu !
L'espacement des tables est vraiment serré.
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Les sushis étaient bons! mais rien non plus d'extraordinaire... le service bien mais là non plus rien d'extraordinaire! nous avons essayé le menu taiyo, ainsi que la formule sushis bateau
Les prix un peu surfaits !
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La déco est moyenne, rien de spécial... En revanche la tajine d'agneau était bonne, mais pas non plus extraordinaire !
Le décor, c'est vraiment dommage que le style marocain ne soit pas plus marqué !
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Endroit vraiment sympa, j'y retournerai ! La carte est trop grande à mon avis... Choix trop difficile... Les pâtes étaient banales, rien de spécial... En revanche le moelleux au chocolat et les profiteroles, un vrai délice !
Restaurant peu éclairé... Ambiance à partir de 22h, c'est dommage pour les gens qui aime manger tôt !!! Serveur un peu dans la lune !
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Un petit coin de Thaïlande en Suisse... Perdu à Froideville mais ça vaut la peine d'y aller !!! Des plats vraiment très bon... En entrée le poulet en feuille de pandanus, un vrai régal... Ensuite boeuf croustillant, miam miam !!! Dessert beignet banane ! Petit conseil, lorsqu'il marque fort, très fort, croyez les c'est vrai ;-)) Nous en avons fait l'expérience
Nous avons dû passer la commande deux fois car la première serveuse débutait et ne comprenait pas très bien le français
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Entre amis

Yauatcha
Yauatcha
01.03.2015, 13:00
http://labobouffe.blogspot.ch/2015/02/yauatcha-londres.html Ce soir de la Saint-Sylvestre, je poursuis mon tour du monde en terre londonienne pour m'engager sur les sentiers si répandus mais oh combien méconnus de la gastronomie chinoise. Si l'est bien quelque chose que l'on voit à chaque coin de rue dans nos régions, c'est un restaurant chinois. Ma foi, force est de constater que l'on a généralement à faire avec une habituelle carte à rallonge avec des sauces de base souvent industrielles qui apprêtent indifféremment toutes les viandes et les poissons. Peu vont proposer quelque chose d'un peu différent, quitte à rompre avec les sensibilités en proposant des mets plus authentiques, plus « street food », cuisine de ménage ou encore seulement avec des vrais produits frais et travaillés. Bref, une fois de plus, Londres s'avère prête à offrir à l'intéresser quelque chose d'autre. C'est dans un lieu réputé que je passerai cette soirée du 31 décembre 2014, le Yauatcha. On ne peut parler du Yauatcha sans mentionner le nom d'Alan Yau, restaurateur de renom mais surtout créateur de concepts de génie sautant d'un projet à l'autre de façon infatigable. Wagamama, cette chaîne bien connue à l'échelle internationale basée surtout autour de la nouille de tous pays asiatiques, est né de son esprit prolixe; le concept a par ailleurs été reproduit et développé, voire copié. Autre aventure marquante, celle du Hakkasan considéré comme l'une des meilleures tables chinoises hors de Chine. Yauatcha est l'un des derniers nés du créateur. Un concept étonnant alliant dim-sum traditionnels cantonnais ou revus, et pâtisserie fine et créative d'inspiration française sublimée par un certain Graham Hornigold, dans un univers de maison de thé moderne, raffiné, flirtant avec le luxueux. Il faut se frayer un passage dans la sulfureuse et passionnante Soho, éventuellement zigzaguer un peu avec plaisir avant d'arriver devant une devanture bleu éclectique inratable (surtout de nuit). On devine qu'il y a du monde et que toute l'équipe du Yauatcha c'est préparée à une soirée excitée. En effet, le Yauatcha (comme bien d'autres établissements) avait organisé une soirée de la Saint-Sylvestre avec menu spécial (malheureusement pour moi, à partager à plusieurs... j'ai bon appétit mais faut pas pousser non plus) mais avec la carte toujours ouvert, DJ jusque tard de prévu pour passer le cap. Généralement je me méfie et n'attends pas forcément des merveilles d'une soirée de la Saint-Sylvestre; s'il y a certes du plaisir, les restaurants sont souvent incapables de sortir des indécrottables mets lourdissimes, vont avoir tendance à être dépassés, vont manquer de précision dans les assiettes ou alors vont ouvrir toute la carte en plus d'un menu exceptionnel sans avoir la maîtrise ou l'équipe permettant de gérer l'affaire (autant proposer un menu, un point c'est tout dans ces cas là). Ici je ne me fais pas trop de souci: le Yauatcha a du background, de l'expérience, une réputation à défendre qui lui interdirait un faux pas dans une soirée qui attirera tant de monde. Je pénètre dans un restaurant déjà bondé. Un vestibule et un secteur d'accueil immédiat, très professionnel et agréable. Sur la droite, un étal de pâtisseries magnifiques annoncent un dessert gourmand. Aux étagères qui lui font face comme aux murs, des boîtes de thé dont le nombre restera indéterminé s’alignent, certains sont de très grands thés, certains réputés, d'autres méconnus, toujours raffiné et offrant des saveurs variées. Tous sont achetables sur place, comme les pâtisseries, pour se faire un moment Yauatcha à la maison. Le long du pupitre d'accueil débute un très beau et long aquarium où vivent de très beaux poissons très colorés et plus loin une sortie de bar / cuisine. La salle est habitée de tables sombres entourées de fauteuils blanc ou noir confortables. Lumière tamisée, des plafonds au caissons en bois sombre et papier (ou imitation de papier) de riz, le tout ponctué de ces mêmes lumières bleue électrique. Plus loin, un bar où un monde énorme se tasse; c'est la salle d'attente d'une certaine manière et le lieu privilégié pour débuter la soirée avec un des cocktails de la belle suggestion de la maison et qui sont des créations. En sous-sol, une autre salle globalement plus sombre mais avec des lampes à la lumière plus crue, avec de temps à autres des notes de doré et une vie sur les cuisines, offrant une ambiance toute différente. Ce qui ne change pas, c'est la foule, le ballet des serveurs et le sentiment festif. Après un accueil très professionnel et personnel malgré le monde, je suis débarrassé de mes affaires et on me mène au bar où on me propose de patienter. En effet, ce jour particulier,le Yauatcha avait prévu plusieurs services et je suis arrivé (volontairement) un peu en avance. Me voilà donc à choisir un cocktail dans cette salle surpeuplée et animée, intéressante de par sa population mêlant couples, amis, familles, enfants de façon toute naturelle. La carte de cocktails est très bien fournie, toutes de créations de la maison, classées selon les types de goûts, charge d'alcool ou spécialités. Le choix est difficile et je me lancerai pour un Hakka, l'un des cocktail « signature » du lieu, composé de vodka Belvedere, du saké Akashi-Tai Honjozo, du jus de lychee et de lime et des morceaux de coco et de fruit de la passion fraîchement préparés sous mes yeux. C'est d'une grande douceur tout en restant léger et frais, avec une bonne teneur en alcool, très belle création. Assez rapidement, on vient me chercher et on me mène à la salle principale. A peine installé à table, on me propose de l'eau et on me porte la carte de mets et de vins. A mon grand regret, je ferai l'impasse sur les menus et tâcherai de faire un choix dans cette foule de délices que la carte raconte: dim-sums vapeurs, frits, rôtis, tantôt traditionnels, tantôt simples, tantôt surprenants, tantôt innovants. C'est la spécialité des lieux et je savais que j'en ferai mon repas. Notons toutefois un très joli choix de viandes, poissons et mets végétariens (tofu, légumes, plats de riz, nouilles) qui sont bien loin du discours commun de nos régions pour devenir tous absolument alléchants à la lecture seule. Côté boissons, notons le magnifique choix de thés, le très bon choix de vins fins et sakés japonnais. Globalement, l'alcool est lourd pour la bourse, dans ce restaurant, mais la sélection est des plus convaincante. J'ai beau savoir que je veux des dim-sums, autant dire que le choix est impossible. Après un bon quart d'heure d'hésitation sans fin, je finis par laisser ma serveuse, d'une grande patience, professionnelle et aimable, choisir pour moi. Nous partons en premier pour une sélection « surprise » de trois de ces bouchées. D'emblée on me porte trois sauces: l'une à base de soja et vinaigre de riz, une sauce pimentée assez relevée et de goût plutôt raffiné, une sauce aux piments torréfiés et sésame. Toutes trois sont probablement faite maison de par les saveurs bien différentes des équivalents industriels que je connais. Avec cela, des lamelles de concombre marinées, d'une grande délicatesse: encore du croquant, un peu de douceur dans une marinade révélant des saveurs de vin de riz. Me sont proposés en premier les « Pork and prawn shui mai ». Cela fait probablement partie de ce qui se fait de plus traditionnel et classique en la matière. D'un certain point de vue, lorsqu’on est en quête de découverte, cela peut « décevoir » de ne pas être surpris par de nouvelles découvertes dès le début. Toutefois, cela permet d'établir un étalon de qualité par rapport à quelque chose de relativement connu. Mais la déception s'arrête là car la qualité et les saveurs sont incomparables. Moelleux, gourmands, riches en bouches, les saveurs propres du porc et de la crevette, tous deux de bonne qualité, se laissent reconnaître très clairement et sont mariés à des saveurs de shii-take très plaisantes. On déplorera un petit morceau cartilagineux dans un des raviolis, provenant sans doute du porc. Malgré ce bémol, l'ensemble est savoureux. On continue avec l'un des mets les plus commandés des lieux, le « Crispy duck roll ». Des rouleaux de pâte de riz fine frits de belle taille, pas gras pour deux sous, réservant à l'intérieur une quantité appréciable de morceaux de canard tendres et riches en saveurs, parfaitement assaisonnés et entourés de quelques légumes en julienne. Servis avec une sauce traditionnelle hoi sin, elle aussi probablement maison, pas trop sucrée, avec pas mal de relief, c'est un bonheur. On continue avec probablement la plus exceptionnelle assiette de la soirée, « Prawn and beancurd cheung fun ». Le cheung fun est une forme quasi inconnue dans nos contrées et qui pourtant fait partie des incontournables chinois. Il s'agit traditionnellement de rouleaux de pâte de riz fraîche et fine, farcis, cuits vapeur et servis avec une sauce. Déjà, on ne peux que se réjouir de la précision dans le façonnage et le découpage du rouleau qui est extrêmement appétissant. La pâte est de belle texture et révèle un cœur croustillant de crevettes en chapelure riche en saveurs, un peu de salade et quelques juliennes de légumes. Le tout est servi dans une sauce sombre de soja, plus corsée mais aussi un peu plus sucrée. À ne pas rater ! Ma serveuse s'enquiert de l'état de ma faim, et je ferai la place pour une quatrième assiette qui sera un « King crab Shanghai siew long bun ». Le nom traditionnel de la forme de ravioli est le xiǎolóngbāo signifiant « petit sac » et réservant un contenu tout à fait étonnant: servis avec une sauce soja-gingembre-poireaux, l'intérieur est riche en morceaux de crabe et surtout augmenté de bouillon ! Des raviolis à la soupe de crabe. L'effet est remarquable et c'est excellent ! Côté boisson, j'ai consommé de l'eau gazeuse et un excellent thé vert, infusé et filtré par les soins de la serveuse, un « Rest Dragons Well », d'une grande délicatesse, floral à souhait, une brise printanière en bouche. Mais finir un repas à Yauatcha sans prendre de dessert, ce serait presque sacrilège lorsque l'on sait que c'est l'une des pierres angulaires du concept. Trop indécis pour choisir, je me laisserai à nouveau faire par ma serveuse qui me portera un « Chocolate toasted rice », l'un des desserts les plus réputés des lieux. Une mousse de chocolat au lait aérienne, étonnamment riche en cacao et peu sucrée, montée sur un biscuit truffé et glacée d'une couverture de chocolat de très grande qualité est augmenté de thé matcha et de grains de riz soufflé. On retrouve en couronne le riz soufflé ainsi que des éclats de noisette torréfiée et une goutte de sauce caramel très délicate, ainsi que des petites feuilles de chocolat noir au matcha de très grande qualité. A côté, une quenelle de glace à la noisette sur une cuillerée de cette crème caramel étonnante, entouré de riz soufflé, tantôt nature, tantôt caramélisé et de noisettes. Dans les mots, on croirait à quelque chose de très lourd, mais il y a ce je-ne-sais-quoi de magique qui a rendu le tout aérien, sans laisser de sensation de sucre, de gras, de crème, de lourd. Juste un dessert exemplaire, qui rend heureux que cela soit le dernier de 2014. Le tout pour la somme de 63.17£ Quelle magnifique soirée au Yauatcha, dans un cadre tout à fait particulier, servi avec un énorme professionnalisme et nourri d'une cuisine délicieuse et différente. La Yauatcha est un concept exceptionnel qui mérite grandement d'être découvert. Il n'y aura pas d'after DJ, ce soir-là, le nouvel an se fêtera cette année au pied du London Eye; m'attend un spectacle de pyrotechnie de haute voltige !
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Andina
Andina
02.02.2015, 22:25
http://labobouffe.blogspot.com/2015/02/andina-londres.html On ne le dira jamais assez: Londres est une cité cosmopolite qui est probablement l’emblème de la ville européenne où le monde se donne rendez-vous. Cela se reflète naturellement en bien des aspects dont, à mon plus grand bonheur, celui de la cuisine. Depuis quelques temps, il semblerait que les londoniens aient une nouvelle tendance culinaire: ils raffolent de cuisine sud-américaine. Non, pas que des burritos, des tacos et du chili, non pas que du tex-mex, mais de la vraie cuisine de ce continent peu représentée dans nos adresses gourmandes régionales sinon (à ma connaissance) le Restaurant du Léman à Lutry qui mêle pinte vaudoise et cuisine péruvienne et où je me suis rendu il y a quelques années. Mais je m’égare. Vous l'aurez compris, c'est à un voyage gustatif outre-atlantique que je me prépare, ce 30 décembre 2014. Une fois encore, je me suis laissé inspiré par mon ami de Hedofoodia dans le choix du Andina, précisément un restaurant péruvien, petit frère du restaurant Cevice sis dans les quartiers de Soho. Aux commandes, Martin Morales, cuisinier passionné et auteur de livre de cuisine au parcours tout à fait particulier, comme vous pourrez le lire dans le billet d'Hedofoodia. Situé en plein quartier de Shoreditch dans une belle maison aux briques apparentes, Andina brille d'une lumière chaleureuse et l'intérieur, visiblement bondé, semble animé d'une belle ambiance. On entre et l'ambiance et confirmée: musique sud-américaine souvent modernisée nous accueille dans une salle de taille moyenne bondée de monde entourant des tables en bois brun toutes simples, dressées d'un set de table servant de menu. Au plafond, des lampes tressées d'osier dégagent une lueur chaude. Voyant les tables des occupants de la soirée, on peut faire un constat simple: ici, on vient pour manger une nourriture qui réchauffe les cœurs et boire un grand coup. Qu'on se rassure, c'est pas un tripot; c'est bruyant, c'est bon enfant, c'est entraînant, un côté « cantina » citadine très sympathique. En face, un joli bar et surtout, à côté, une cuisine ouvert où officient à grande activité 4 cuisiniers. Derrière cette cuisine se trouve une autre salle encore, et il semblerait qu'au sous-sols également. Je ne saurais en dire plus, ne les ayant pas visitées. L'accueil est extrêmement chaleureux et le service très attentif et professionnel, presque à un niveau inattendu. En bonus, les serveurs sont vivants et plein d'humour et de répartie, promettant une soirée où le sentiment de solitude ne peut exister. Seul justement, je suis installé face à la cuisine pour mon plus grand bonheur. On admire le ballet en cuisine qui ne souffre d'aucune faute d’organisation, on observe les expressions, les échanges en cuisine où la même vie joyeuse nourrit le travail. On me porte les cartes, dont une de cocktails contenant une liste assez impressionnante de cocktails originaux et travaillés, offrant au public à découvrir le Pisco, une eau-de-vie typique dont le Chili et le Pérou se disputent la paternité. J'en ai pris un de la série d'ailleurs, un « Pink Pisco sour » avec de l'Estelado sparkling rose (un mousseux rosé), du Pisco de raisin Quebranta, lime, blanc d’œuf et Peychaud's Bitters. Un cocktail étonnant, d'une texture légère et d'un goût frais, fruité avec une jolie amertume. A côté de ces cocktails, un joli choix de vins sud américains, dont un bon nombre sont de culture biodynamique, servis par grosses doses de 175ml ou 250ml (contrairement aux habituels 125ml), le tout à des prix raisonnables, des jus de fruits et des smoothies. Une belle carte de mets qui promet de faire suer lorsqu'il s'agit de faire un choix. Six grandes familles se démarquent: le fingerfood apéritif, les ceviche, des mets classiques et emblématiques, la street food, les grillades et les salades et accompagnements. Tout a l'air absolument délicieux, fleure l'authenticité et le savoir-faire mais avec également en certains points de la créativité, particulièrement visible dans les ceviche qui jouent avec les variations de saveurs. Beaucoup de produits traditionnels sont utilisés. Manifestement il s'agit de portions raisonnables car il est recommandé de choisir trois plats par personne pour un repas normal. On notera la mention sur la carte de la possibilité de prendre le brunch ou encore le lunch en semaine à 9£ ce qui semble être une bonne affaire. Trêve de bavardages, je choisis trois plats de trois types différents et apprécie le spectacle du cheminement de ma commande jusqu'aux cuisines. Le chef annonce la commande, et tout le monde acquiesce, sachant pertinemment ce qu'il a à faire. Les plats arrivent dès qu'ils sont prêts, et on les déguste à son rythme. Dans la carte des ceviche, j'ai choisi le Stone bass & Fig Tiradito ». J'avais dit ceviche ? Le tiradito est un cousin que l'on pourrait qualifier de plus « gourmand » que le ceviche qui est un peu plus sophistiqué. Il se prépare traditionnellement avec du poisson cru qui s'allie à une sauce onctueuse d'un jaune éclatant à base de piment jaune, citron vert, herbes et épices. Ici la sauce sera parfumée à la figue, grenade et « yuzu tiger's milk » (un nom désignant généralement une marinade au citron vert, sel et piment. L'agrume étant ici le yuzu). Le stone bass, aussi appelé wreckfish en anglais désigne un poisson assez méconnu (que je n'avais d'ailleurs jamais goûté), le cernier commun. Ce dernier a une chair blanche, très délicate, de saveur fraîche et goûtue. Ce qui n'enlève rien au plaisir, c'est qu'il provient d'un élevage durable. Et en bouche dans tout ça ? Ça explose de saveurs, de la douceur, du fruité, de l'acide, du piquant, du frais, c'est un plat aussi coloré que plein de relief qui m'a donné énormément de plaisir ! Côté grillade, j'ai pris les brochettes de baudroie, précisée provenant d'un élevage durable de Cornouailles, mariné dans du vin blanc, cumin, et piment rocoto, un piment typique du Pérou pouvant prétendre à un honorable 100'000 sur l'échelle de Scoville pour qui serait sensible (ici dosé avec une grande sagesse). Deux brochettes, juste passées à la plancha, me sont servies sur un lit de quinoa parfait, de la salicorne et une rondelle de citron. Le poisson est juste magnifique, la chair respectée, moelleuses à cœur, et des saveurs très variées, c'est une très belle réussite. Côté « sides », j'ai choisi une salade aux quinoas rouges et blancs, avocat et concombre, d'une grande fraîcheur avec beaucoup de gourmandise, augmentée de quelques haricots blancs et pataugeant dans une sauce d'un beau rouge aux saveurs fruitée et acide tout à fait intéressante, une très belle salade. Avec ce repas, une grosse portion (250ml dans un verre quant même) d'un vin rouge chilien, un mono-cépage de Syrah: « Terra Andina Reserva », 2011, des caves du même nom qui s'est avéré d'un bon rapport qualité-prix-plaisir avec des saveurs assez concentrées de fruits rouges et des notes de caramel. La seule chose que l'on aurait pu lui reprocher est d'être servi un peu chaud. A côté de cela, j'ai été régulièrement servi d'eau à la carafe sans-même que j'aie à le demander. Sur recommandation du serveur, je me laisse tenter par une spécialité toute particulière, les « Picarones Doughnuts », un beignet à bas de courge et patate douce très riche en saveur, mais pas autrement lourd malgré les apparences, servi avec un étonnant sirop de maïs violet (l'une des innombrables variétés primitives de maïs cultivées depuis des millénaires en Amérique du Sud, considéré comme un aliment santé), développant des saveurs presque acidulées assez intéressantes et un gourmand « chocolate fudge » pour se rappeler du continent dans lequel on se trouve (toute une culture, le fudge, dans les pays anglo-saxons). Même avec tout cela, l'addition reste raisonnable: 44.44 £. Que dire ? Pour passer une soirée animée, drôle, musicale, humaine, de découvertes et de gourmandise, l'Andina semble bien choisi avec sa cuisine ouverte, son équipe aux petits soins tout en restant décontractés, ses mets différents et délicieux dans un cadre ultra chaleureux ! En gros, pourquoi s'en priver ?
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Ottolenghi Islington
Ottolenghi Islington
29.01.2015, 20:57
http://labobouffe.blogspot.com/2015/01/ottolenghi-islington-londres.html Toujours à la recherche de nouvelles sensations, j'ai réservé ce soir du 29 décembre 2014 dans un lieu plutôt célèbre où officie un chef d'origine israélienne nommé Yotam Ottolenghi. A l'origine journaliste, philosophe, il entamera dans un second temps une école de cuisine à Londres, sera chef pâtissier puis cuisinier. Il développera un style de cuisine profondément inspiré de ses origines qu'il mêlera d'inspirations méditerranéennes et asiatiques. Fort de son succès, il possède aujourd'hui quatre restaurants où il exprime ses inspirations au plus grand bonheur de ses clients. Autant dire qu'il faut réserver ! L'essentiel de ces restaurants sont des « relis » (ou « Delicatessen »), des lieux tout à fait particuliers à mi-chemin entre épicerie et restaurant. Son dernier établissement, le Nopi, est lui, plus proprement un restaurant, dont vous pourrez apprécier l'art avec l'excellent article d'Hedofoodia. Il a par ailleurs publié trois livres de recettes qui rencontrent, également, un énorme succès, où les légumes on part belle et où sa créativité est partagée au grand public dans un déluge de saveurs et de couleurs. C'était donc avec beaucoup de réjouissance que je me suis rendu dans son établissement d'Islington, district du Grand Londres plutôt populaire et très vivant, rassemblant bon nombre de bars, pubs et restaurants, très agréable et plutôt beau, illuminé de ses décorations de fêtes encore présentes. On longera relativement longuement l'Upper Street pour atteindre sa destination. Malgré son succès, dans l'étalage de lumières et d'enseignes de l'Upper Street, il passerait presque discret, avec sa petite vitre et son enseigne rouge, si l’œil n'était pas immanquablement attiré par l'outrageuse débauche de pâtisseries gourmandes et colorées. On entre dans un établissement accueillant, aux lumières blanches mais douces sur des murs essentiellement blanc. A gauche, un comptoir qui sert de « caisse » de la part épicerie du lieu, mais où s'empilent des assiettes d'entrées froides qui tenterait n'importe qui, ainsi qu'au mur, la suggestion du moment en terme de vins. Le long du mur, à droite, des pots d'épices, de sauces, de pickles, de confiture, bouteilles de vinaigre et j'en oublie rivalisent de couleurs. Accueilli avec beaucoup de chaleur par une équipe jeune et hyper professionnelle, je suis mené plus loin dans cet établissement tout en longueur. Un bonne moitié de l'espace est occupé par une table commune, qui n'a rien d'une table de cantine : d'un blanc virginal, entourée de sièges confortables également blancs, parsemée de jolis chandeliers. C'est convivial et intime à la fois, c'est très agréable et j'y serai installé. La seconde moitié de l'établissement contient des tables plus petites et intimes qui ont tout d'un restaurant chic et romantique. On me propose directement de l'eau puis on me porte la carte. Tout juste composée d'une douzaine de propositions, elle est partagée en deux parties : « From the counter » et « From the kitchen ». On comprend très vite que l'on pourrait comparer grosso modo cela à « mezzés froids » et « mezzés chauds », d'une grande inspiration et créativité, promettant fraîcheur, précision, saveurs et voyage... et là, c'est le drame : pas une seule des propositions de la carte ne me fait pas envie. C'est d'autant plus frustrant qu'à une table de 4 à 6 convives, on explore assez aisément toute la carte. Seul toutefois, j'éviterai de tenter de relever le défi. Fatalement, je fais un choix, un plat froid et un plat chaud, on verra plus tard si j'aurai encore faim après. On m'apporte pour patienter un trio de pains manifestement maisons, beau, avec une odeur chaude et délicieuse. Un pain mi-blanc, un autre apparemment au levain et un final au pois chiche et épices qui était vraiment magnifique. À côté, une très belle huile d'olive piquante et herbeuse comme je les aime. « From the counter », donc, je me lance pour une préparation fortement inspirée du Japon avec du thon albacore pêché à la ligne, juste saisi dans une croûte de graines de sésames blanc jaune et noir. Le produit est saisi au millimètre laissant un intérieur cru et gourmand. Finement assaisonné (sans doute mariné au soja et miel) et enrobé d'une croûte de tenue parfaite, le résultat flatte déjà les yeux et les papilles. Mais trempez seulement ce poisson dans la sauce soja-miel et gingembre qui l'accompagne, enrobez le tout de ciboule, et le bonheur est complet. « From the kitchen », je me serai intéressé par des kofta de gibier. Les kofta sont des spécialités d'origine persiques que l'on trouvera dans les pays d'Orient comme du Maghreb, mais aussi d'Europe orientale sous différentes appellations proches (kofte, köfte, kufta...) et désigne pour faire simple une boulette de viande. Ici elle prend une forme toute particulière, déjà en étant préparée à partir de chasse, mais en plus accompagnée d'un surprenant et assez méconnu « green tahini », du chou plume, oignon confit et sauce au citron. M'arrive une jolie assiette nourrie de trois gros kofta, juste passée dans une fine chapelure et frite. Ici, il n'est pas question de chasse discrète : ça explose en bouche, ça sent de l'intérieur, viande, épices, c'est intense et riche avec tout le bonheur du moelleux et croustillant. Le chou a été simplement revenu avec ces oignons confits apportant une jolie acidité augmentée encore par la présence du citron. Le « green tahini » était une surprenante sauce apportant un peu d'amertume et beaucoup de saveurs d'ail, de sésame et d'herbes (persil, cresson) et un trait de citron. Splendide ! Pour accompagner mon repas, sinon de l'eau gazeuse, j'ai pris deux verres d'un très joli rouge de Navarre, un Aroa Garnatxas 2013 des Bodegas Aroa, travaillant exclusvement avec des méthodes biodynamiques. Il s'agit d'un vin 100% Grenache qui révélera des saveurs profondes de fruit, d'une grande douceur, presque grasses, un bel équilibre, il m'a beaucoup plu ! Si je ne suis pas plein à craquer, je me garderai pour un dessert. Oui, ceux qui m'ont fait de l’œil avant-même l'entrée dans le restaurant. Ce ne sont que des créations du jour une bonne quinzaine, dont 5 « habituelles » sont recensées sur la carte des desserts ; on me suggérera d'aller au comptoir pour faire mon choix. A nouveau, c'est terrible car face à un tel étalage, on se sent comme un enfant et on veux goûter à toutes ces pâtisseries gigantesques et colorées. Je me déciderai pour l' « orange cake ». C'est un vrai monstre, magnifique de moelleux, très riche en saveurs d'orange, magnifié par un glaçage au chocolat noir riche. Il est servi avec une crémière de savoureuse crème vanille. Avec cela, un verre d'un vin rouge de dessert, à nouveau espagnol, un Ramblis, des bodegas Bernabe Navarro, 2011, riche et gourmand, presque un dessert en soi. Il me faut mettre un terme à ce repas et commande l'addition qui s’élèvera à 49.65£. Ottolenghi, c'est la promesse d'un moment différent, d'autres saveurs, beaucoup de créativité emprunte de tradition, dans un cadre élégant, certes, mais surtout chaleureux et communautaire et géré par une équipe jeune, dynamique, pleine de savoir-faire. Disons-le, j'ai adoré.
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The Modern Pantry
The Modern Pantry
14.01.2015, 21:36
http://labobouffe.blogspot.com/2015/01/the-modern-pantry-londres.html Après deux repas « découverte du monde », je désirais ce soir du 28 décembre 2014 explorer une cuisine dont on entend beaucoup parler et qui offre d'autres formes de découverte, la cuisine que l'on appellerait « fusion ». Une façon de faire qui est relativement à la mode et que, personnellement, j'apprécie généralement. Les recettes se trouvant sur ce blog montrent bien que mes propres repas domestiques serait plutôt dans cette tendance qui mêle produits, saveurs et textures. C'est généralement une cuisine que les puristes n'aimeront pas. Elle sera en parallèle régulièrement victime de son succès, devenant un peu confuse, déséquilibrée en saveur ou aux accords peu heureuse. Je n'ai toutefois aucune crainte en réservant au « The Modern Pantry ». La cuisine de Anna Hansen réjouit les papilles tant de chroniqueurs gourmands de monde professionnel, de guides et de critiques que d'amateurs éclairés et habitués aux belles tables à travers le monde. Je recommande d'ailleurs vivement la lecture du billet d'Hedofoodia à ce propos, qui est des plus éloquent. Un dimanche soir, c'est une chance qu'une telle table soit ouverte. Sis St-John Square, près de Clerkenwell Road, le restaurant jouit d'une situation bien centrée dans un très joli quartier où bâtisses géorgiennes côtoient quelques bâtiments modernes, occupant deux beaux qui furent en leur temps une fonderie d'acier et une mairie. Le restaurant s'établit sur deux étages. En haut, un style élégant et épuré, lumineux offrant sans doute de jour une jolie vue sur le quartier. Au niveau du sol, un espace moderne. A l'entrée, au coin, un joli bar boisé et dans la salle aux lumières tamisées, de nombreuses tables carrées blanches s’alignent sous des lampes cuivrées, banquettes de cuir brun contre les parois blanche ou bleu clair. En bout de salle, on peut apprécier l'ouverture sur la cuisine offrant une vue de l'activité intense s'y trouvant. En toile de fond, une musique très variée mais avec des dominantes swing et quelques incursions disco. Je suis accueilli par un serveur aux allures décontractées, grand sourire, mettant immédiatement à l'aise. Il m'installe à ma table qui n'attend que moi et me porte la carte des mets et celle des boissons. Je commencerai par un cocktail, la création du jour, le « Reina Zita » composé de gin « Fifty Pounds », liqueur de mûre, ginger ale et sirop d'ajowan, un improbable sirop issu de cette graine indienne, un peu semblable au carvi et aux saveurs rappelant le thym. Un cocktail d'une couleur intense et aux saveurs amères, fraîches et équilibrées, absolument pas commun et très intéressant. On me sert d'office de l'eau en carafe, ce que j'apprécie. En attendant, on consulte une carte, courte, qui promet toutefois d'y laisser quelques cheveux lorsqu'il s'agit de faire un choix. La carte est datée, promettant une cuisine fraîche, évoluant au quotidien, selon marché, humeur, envies et inspirations. Des intitulés qui ébouriffent et vont bien au-delà des sentiers communément empruntés, aux inspirations tantôt méditerranéennes, tantôt asiatiques, tantôt sud-américaines, c'est déroutant et tellement appétissant et il y a presque à chaque intitulé au moins un ingrédient plus méconnu ou particulièrement étonnant. Les vins sont également très bien choisis, faisant part belle aux vins bio et biodynamiques, à prix plutôt doux. Je commencerai par un carpaccio de poulpe, cuit lentement, parfumé à l'anis, lamelles de chou-rave, câpres grillés et graines d'anis torréfiées. L'assiette est très élégante, un poulpe moelleux et goûteux, tranché assez épais, tiède, offrant un joli contraste avec le piquant-croquant du chou-rave cru. Les câpres grillés apportent des saveurs chaudes et acidulées et les graines un je ne sais quoi qui complète parfaitement ce plat arrosé d'une huile d'olive de très belle qualité. Une superbe entrée. Je poursuis avec le mulet poêlé parfumé à la feuille de kaffir, betteraves rôties, laska au crabe et pomme, slaw de fenouil et grenade. M'arrive à nouveau une assiette très bien dressée. Le laska est une forme de curry d'inspiration malaise-indonésienne, ici retravaillée avec du crabe et de la pomme, le rendant savoureux, doux, avec une note iodée très à propos, une création gourmande et riche en saveurs servant de toile de fond au plat. Puis se superposent un mélange de betteraves jaune et rouge, grossièrement tranchées et parfaitement rôties. Au-dessus, un tronçon de poisson délicat parfaitement cuit, d'une grande fraîcheur, un très beau produit. Enfin, si l'on parle souvent de « colslaw », cette salade de chou anglo-saxone blindée de mayo, elle prend des allures délicates et raffinée de fines tranches de fenouil, augmenté de carottes, julienne de pommes et graines de grenades, c'est d'une grande fraîcheur. Cela paraît sans doute fruste à décrire, mais les saveurs vont diablement bien ensemble pour faire un plat d'un très grand niveau, excitant les papilles, offrant gourmandise, croquant, iodé, doux. J'ai profité d'un vin élevé en biodynamie avec ce plat, un Chardonnay « Le Casse-Noix » du Languedoc, 2013 offrant du fruit tout en fraîcheur, parfait équilibre entre des saveurs d'agrumes et des notes douces miellées. Les desserts sont tout aussi fous et difficiles à choisir. Je céderai à la tarte à la courge, gingerbread, crème au citron calamansi, lime iranienne, graines de courges mélasse de courge, grué de cacao au piment. Oui ! Tout ça ! Et fichtre, c'est diaboliquement bon. Une masse délicieuse à la courge, des notes de sel et au franc goût de courge, montée sur du gingerbread croquant de belle qualité, un travail très raffiné avec cette crème aux agrumes d'une grande légèreté surmonte cela. Autour, des graines de courges torréfiées s'étalent sur une petite lichette de mélasse riche en saveurs, très « brute », surmontée de ce grué piquant-croquant-caramélisé. Magnifique ! Avec cela, un Moscati d'Asti « Bricco Quaglia » de la maison « La Spinetta », provenant du Piémont, 2013 tout à fait magnifique, un dessert à lui tout seul. On l'aura remarqué, j'ai un peu abusé ce soir, et cela se remarque sur l'addition qui s'élèvera à 75.93£. Mais que cela en valait la peine de découvrir ce lieu unique, atypique, cette cuisine folle, créative et exécutée à la perfection, cette équipe humaine et sympathique. Un lieu à découvrir !
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Chakra
Chakra
12.01.2015, 22:22
http://labobouffe.blogspot.com/2015/01/chakra-londres.html Il est connu de tout un chacun que les histoires anglaise et indienne possèdent une bonne part de sentiers communs. Comme témoin moderne (entre autre) de cette relation de longue date, le nombre de ressortissants de populations indiennes ou encore pakistanaise notamment se trouvant en Grande-Bretagne avec pour coté favorite Londres dans laquelle ils s'adonnent à toutes les activités mais où ils ont su importer leur tradition culinaire, ses couleurs, ses parfums. Cela devient du coup presque anathème de de ne pas aller (re-)découvrir cette cuisine lors d'un séjour londonien, sa tradition, ses saveurs. On me voit encore une fois venir à dire que c'est « mieux ailleurs ». Et je répondrai « globalement sans conteste ». Naturellement, comme partout, à Londres, il y a du bon et du moins bon, mais il semblerait généralement qu'au moins il y ait de l'authenticité dans l'assiette et au diable l'édulcoré. Oui, le nombre de restaurants indiens n'a cessé de croître par chez nous ces derniers temps. Certes, ils offrent globalement une ambiance, une découverte de la musique, de Bollywood vu qu'il y a presque toujours une télé, et un aperçu de leur tradition culinaire. Ce n'est généralement pas mauvais, j'y vais de temps à autres, car il y en a qui font bien leur travail à leur échelle avec leur façon de faire. Le public suisse est peut-être plus difficile à séduire qu'ailleurs, je ne sais, mais même chez les « meilleurs » de nos contrées sont à mon sens diablement pauvre en mets végétariens qui pourtant sont foison en Inde (on se met enfin à trouver un peu de paneer), vont étonnamment proposer du bœuf à toutes les sauces qui ne seront qu'anecdotiques au-delà d'un Tikka massala ou d'un Tandoori (qui ne sortira que rarement d'un tandoor, mais faut pas en d'mander tant non plus;-)), bien, vont utiliser des épices en poudre et en pâte de commerce. Une richesse dans le choix d'établissement qui ne traduit pas la richesse de cette cuisine, malheureusement. Aussi à Londres voulais-je m'attabler dans un vrai bon indien. C'est à cette redécouverte de la cuisine indienne que je dédierai mon second repas londonien, le 27 décembre 2014 au soir. Nothing Hill, quartier à l'ouest de la ville, un peu plus loin que le charmant et culturel Hyde Park, est un quartier dont la réputation le précède pour son caractère relativement aisé dont témoignent les belles maisons victoriennes. Ce n'en est pas moins un quartier fréquenté, populaire et animé qui réunit une foule bigarrée, Londoniens et touristes, bon nombre de bars et restaurant, des terrasses et magasins. On n'aura pas a longer longtemps cette rue avant de tomber nez à nez avec le Chakra, mon étape gourmande du soir. Un choix qui ne s'est pas fait au hasard, entre conseils avisés et lecture de revues telles que Time Out, Zagat ou Eating London en parlent de façon élogieuses. Visité par des stars, lieu de fêtes, je ne m'attends pas à de la musique bengalie ou autres airs de Sitar dans un milieu bariolé de mille couleurs et dorures, certes, mais assurément à une bonne cuisine dans un cadre sans doute modernisé, ce qui n'a pas manqué. Déjà le cadre ! Passée une porte discrète, j'arrive dans un hall digne d'une salle d'attente chic, accueilli à un guichet puis dirigé dans un canapé confortable en cuir d'un blanc virginal, quelques magazines sur une table devant et un très beau bar, également rembourré de cuir blanc. J'en profite pour apprécier le cadre. Un sol sombre met en valeur les meubles qui sont tous de confortables fauteuils ou banquettes de cuir blanc, de-même que les murs se disputent les même allures et la peinture blanche. Au plafond, des spots doux encadrent une allée de lustres dégageant une lumière dorée et tamisée. AU bout d'un couloir, le blanc cède au brun sombre tant pour les meubles et pour les murs, à défaut d'une paroi habitée par un long miroir. C'est vraiment très élégant. On profite également d'observer le ballet des serveurs qui ont troqué l'habit traditionnel pour un complet décontracté, tandis que la musique oscille entre du lounge, de la musique indienne modernisée aux teintes électro, jazz, trip-hop... Ma table est prête et on me mène dans la salle du fond. La carte m'est présentée et je ne peux qu'apprécier le choix extrêmement bien fait, très équilibré entre le végétarien et le non-végétarien (où agneau et poulet ont la part belle, mais également le canard notamment). Le discours est traditionnel mais très clairement raffiné sans dénaturer et c'est là manifestement le style de Andy Varma, le chef des lieux. La carte des vins n'est pas en reste, proposant une sélection de taille raisonnable et de belle qualité à prix tout à fait correct. Le choix sera comme à l'accoutumée d'une grande difficulté. Pour m'aider, je prends un cocktail, le « Chakra Spice », composé de tequila, menthe, lime, limonade et (mon amour du piment me perdra) chili. Cela donne un mélange frais, explosif, bien équilibré en alcool, c'est très agréable. Une chose m'est très vite apparue comme très claire, ce soir, je ferai végétarien, et le choix est fait. Pour patienter, je reçois un petit amuse-bouche joliment présenté dont je n'ai pas saisi le contenu. Il s'agissait au goût d'une préparation de pois en purée grillé, mou, assez gourmand, aux épices innombrables mais sans dénaturer le goût du pois, avec une petite goûte d'une sauce onctueuse à la coriandre et deux nappées de sauces au poivrons jaune et rouge. Une partie de mon entrée me rappellera cet élément et me donnera la variété de pois dont il s'agissait (j’étais juste certain d'une chose, ils n'étaient pas « chiches ». En entrée, je choisirai le « Lucknowi Platter » sous-titré « a vegetarian delight » et dont la description voit les mots « kebab » ou encore « chich ». C'est très intéressant à la lecture et le résultat est concluant. Trois galettes côte à côte, l'une à base de haricots « black eyes », une version plus grosse de mon amuse-bouche, ce qu'à la commande je ne savais, bien-entendu, pas, mais cela ne m'a pas déplu. La seconde galette était composée de purée de butternut et a été traité avec des épices plus douces et chaudes, avec des notes de graine de coriandre plus prononcée, enfin la troisième galette était à base d'épinards surtout parfumée à la muscade. De-ci, de-là, des pousses de pourpier et une traînée de pinceau d'une sauce sombre au goût poivré-pimenté qui donnait de la couleur et du relief à l'assiette. Une très bonne entrée. J'ai poursuivi en plat avec le « Baingan Ka Bharta », spécialité du Penjab composée d'aubergine rôtie tandoori, parfumée essentiellement au gingembre et oignon. C'est une préparation assez étonnante déjà en texture. Si d'aspect on pense « caviar d'aubergine », il y avait quelque chose d'aéré, légèrement émulsionné d'une grande richesse et profondeur gustative entre les reliefs aigus des épices (très légèrement relevées mais subtilement), la fraîcheur du gingembre et l'oignon cuit suffisamment pour développer son petit goût presque sucré caractéristique. L'ensemble paraît gras mais cela ne laisse pas cette impression en bouche. C'est vraiment bon. J'ai pris en guise de « side » un « Vegetable Biryani » (un side qui a eu l'aspect amusant de coûter plus cher que mon plat ou mon entrée), probablement mon meilleur riz indien dégusté à ce jour. Un riz parfumé d'une très grande finesse et à la cuisson parfaite augmenté de légumes frais (chou-fleur, carottes, pommes de terre notamment), savoureux en épices douces, une sauce de type « curry » appelée « korma ». J'ai tout de même goûté à un « butter naan » que l'on m'a servi avec une sauce au yaourt. Il est très bon et bien réalisé, quoique j'aurais pu m'en passer. Ce fut un repas vraiment excellent, riche d'épices, de saveurs, de très belles préparations qui ne cherchent rien à cacher des parfums d'Inde. Si je devais souligner un bémol (au-delà du caractère addictif de la nourriture), c'est qu'il y a peut-être deux grains de sel en trop, mais rien de dénaturant. Cela m'a juste poussé à commander deux grandes bouteilles d'eau au cours de mon repas. La carte des desserts, même elle, est intéressante. Je m'abstiendrai, toutefois, la faim manquant. On m'apporte alors une lingette de la taille d'un dé à coudre, on verse de l'eau chaude dessus, elle quadruple de volume et m'offre de quoi me rafraîchir. On m'offre une quenelle de glace au citron vert et c'est parfait. L'addition se montra au final à 52.48£. C'était vraiment un excellent repas, une belle découverte de la cuisine indienne dans un environnement presque improbable au vu des habitudes que je pouvais avoir, un service aux petits oignons et beaucoup de plaisir.
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Sarah Lavanchy
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