Il y a très peu de chance que vous passiez devant ce restaurant car il faut vraiment y venir pour y manger. En d’autres termes, ce n’est pas dans le centre…il faut un moyen de locomotion…et le quartier n’est probablement pas le plus rupin de la ville. Mais il ne faut pas se décourager si vous souhaitez vivre ou revivre une expérience car les restaurants tibétains ne courent pas les rues ni en Suisse, ni ailleurs et encore probablement moins en Suisse romande.
D’après ce que j’ai pu comprendre il doit y en avoit probablement quatre à Zurich et seul le Shangrila peut se vanter de ne faire que de la cuisine de ce « pays ». Connaissant déjà cette cuisine, je vous préviens que ce n’est pas une cuisine rafinée et délicate. On se rappellera que nous sommes à haute altitude au Tibet et que les mets doivent être consistants pour braver le froid ! Ne pensez-pas trouver « une cuisine chinoise » ou une adaption de l’Indienne qui est proche géographiquement mais une cuisine élaborée avec certains produits plutôt inhabituels ; des herbes, des céréales, du Yak et plein d’autres ingrédients peu fréquents. Vous risquer d’adorer..ou l’inverse.
Shangrila depuis l’extérieure n’est pas des plus engageant mais une fois le pas de porte passé, vous voila un peu dans un autre monde. Odeur d’encens, bouddha dans un coin, quelques motifs tibétains, un moulin à prière près de l’entrée, des photos de moines sur un mur. C’est presqu’un peu le voyage…une impression d’être devenu ou redevenu…un routard sac à dos. La gentille patronne vous invite à vous asseoir où bon vous semble et vous demande si vous avez déjà mangé tibétain.
En fait je suis venu pour les momos… Il s’agit de raviolis plutôt grossiers et cuits à la vapeur. Je dis grossiers car cela ne ressemble ni a des raviolis italiens et encore moins à des chinois. Réalisés avec de la farine de blé et plutôt épais, ils sont farcis avec des légumes ou de la viande hachée. Après discussion avec la patronne, je me décide pour prendre un menu qui démarre avec une soupe de légume bien épicée, suivit de ces momos. Mais elle me suggère également de goûter la saucisse tibétaine qui est proche d’un boudin avec un peu de riz dedans et cuite à l’eau. Vraiment gouteuse et accompagnée de yoghourt épicé, ingrédient indispensable à tout repas tibétain que l’on peut rendre plus fort avec du piment.
Arrivent ensuite les momos qui sont à la viande de Yak. Je vous rassure, la viande ne vient pas du Tibet mais de Andermatt. Si jamais cela vous tente, je vous donne même la référence du vendeur ! http://www.yakuri.ch/yakuri.ch/2.b_Yakfleisch.html
Ceux-ci se mangent avec les mains et une extrême précaution car un accident est vite arrivé.. Dans la pâte se trouve la farce et autour un délicieux bouillon que l’on boit tout d’abord. La farce de Yak est mélangée avec de l’ail de l’oignon, du cumin, du céléri et du gingembre. En tout cas c’est ce que j’ai décelé ici. On accompagne ces momos à nouveau de yoghourt et pour compléter la patronne apporte en même des légumes sautés avec comme élément principal du chou, et des concombres sous forme de pickles.
J’ai vraiment beaucoup apprécié ce moment un peu innatendu avec une cuisine tibétaine tout à fait authentique. Vaut vraiment le déplacement si vous aimez ce type de cuisine ou si vous souhaitez faire de nouvelles découvertes gastronomiques des grands sommets !
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