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Le Guide gastronomique de marie-joelle volnay

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Le Bistrot de Marcel
Le Bistrot de Marcel
17.04.2015, 18:05
Restaurant situé dans le centre de Mont de Marsan avec ses terrasses surplombant les rives de la Midouze ambiance conviviale , déco raffinée avec ses murs de pierre authentiques , cuisine respectant la tradition du sud ouest
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l’epicurien
l’epicurien
01.03.2015, 16:01
Cuisine avec beaucoup de saveur ou se mélangent originalité et tradition , jolis produits très bien travaillés , frais et de qualité , belle carte des vins , personnel très souriants
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la table d’ysoa
la table d’ysoa
24.02.2015, 10:03
Bonne cuisine faite avec des produits de la région , dans un cadre agréable et un accueil sympathique , les prix sont raisonnables et la cuisine est généreuse et gourmande Nous y retournerons une 2e fois avec plaisir c’est une bonne découverte
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La Deuvalière
La Deuvalière
20.02.2014, 11:19
Situé en plein coeur du vieux Tours dans une maison du 16e siècle avec une belle salle aux poutres apparentes Accueil simple et agréable service efficace , cuisine raffinée et savoureuse avec une pointe d’originalité restaurant complet un mercredi soir Bon rapport qualité prix
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Llaret
Llaret
16.02.2014, 20:42
Accueil peu chaleureux ambiance froide manque de professionnalisme et de rigueur nous avons pris l’apéritif servi sans aucun accompagnement le Banyuls était chaud ainsi que le kir lorsque nous l’avons signalé aucune amélioration ne pouvait être apporté ensuite l’entrée nous a été servi durant l’apéritif et de plus les tarifs sont élevés 35€ le repas de St Valentin ( petite tranche de foie gras poêlé sur une tranche de brioche accompagné d’une confiture de figues , magret canard au banyuls gratin dauphinois , petit feuilleté crème pâtissière avec quelques framboises ) cela me parait cher pour un menu sans beaucoup de créativité
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Restaurant situé dans le centre de Mont de Marsan avec ses terrasses surplombant les rives de la Midouze ambiance conviviale , déco raffinée avec ses murs de pierre authentiques , cuisine respectant la tradition du sud ouest

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Cuisine avec beaucoup de saveur ou se mélangent originalité et tradition , jolis produits très bien travaillés , frais et de qualité , belle carte des vins , personnel très souriants
Le restaurant se trouve en bord de rue extérieur quelconque mais il faut pousser la porte et la le plaisir commence
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Bonne cuisine faite avec des produits de la région , dans un cadre agréable et un accueil sympathique , les prix sont raisonnables et la cuisine est généreuse et gourmande Nous y retournerons une 2e fois avec plaisir c’est une bonne découverte
Nous aurions aimé avec nos apéritifs avoir quelque chose a grignoter surtout lorsque a la table derrière nous cela a été fait , le Patron est certainement très gentil et sympathique mais dans une salle ou il n’y a que 9 personnes venir demander a une seule table si tout va bien car les personnes sont des habitués sans un mot aux autres cela laisse un sentiment un peu désagréable
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Situé en plein coeur du vieux Tours dans une maison du 16e siècle avec une belle salle aux poutres apparentes Accueil simple et agréable service efficace , cuisine raffinée et savoureuse avec une pointe d’originalité restaurant complet un mercredi soir Bon rapport qualité prix
quelques mignardises avec l’apéritif auraient été plus agréable que les classiques amandes noix cajou ……
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Accueil peu chaleureux ambiance froide manque de professionnalisme et de rigueur nous avons pris l’apéritif servi sans aucun accompagnement le Banyuls était chaud ainsi que le kir lorsque nous l’avons signalé aucune amélioration ne pouvait être apporté ensuite l’entrée nous a été servi durant l’apéritif et de plus les tarifs sont élevés 35€ le repas de St Valentin ( petite tranche de foie gras poêlé sur une tranche de brioche accompagné d’une confiture de figues , magret canard au banyuls gratin dauphinois , petit feuilleté crème pâtissière avec quelques framboises ) cela me parait cher pour un menu sans beaucoup de créativité
accueil , service de table , tarifs ,
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Restaurant traditionnel et gastronomique cuisine très fine a base de produits frais et locaux Plats délicieux très bon repas excellent rapport qualité prix
ras
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Ambiance bistrot chic , très bonne cuisine raffinée mélangeant tradition et originalité belle présentation excellent rapport qualité prix Service souriant agréable et rapide
ras
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Restaurant traditionnel situé au coeur de la cité Plantagenet , petite salle très agréable avec une cuisine raffinée , des produits de saison . Ambiance chaleureuse

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Jolie demeure particulière transformée en auberge avec un cadre chaleureux et convivial Les menus portent des noms de poètes ( Verlaine , Victor Hugo , Rimbaud ) La qualité et la saveur des produits sont mises en valeur par un travail précis et passionné avec une belle présentation Par une belle soirée d’été nous avons profité du cadre romantique de l’extérieur , belle table dressée sous la gloriette mise en valeur par une belle nappe ancienne Accueil sympathique et bonjour du Chef en fin de repas

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Restaurant réputé à Alençon situé sur une place agréable et passante , la couleur vert eau de l’établissement donne une impression de douceur et de calme , bonne cuisine avec des produits de qualités , accueil agréable
le décor reste simple mais correct
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Entre amis

The Princess of Shoreditch
The Princess of Shoreditch
29.03.2015, 12:39
http://labobouffe.blogspot.ch/2015/03/the-princess-of-shoreditch-londres.html Même à Londres, un dimanche soir, qui plus le 1er janvier, le choix en tables intéressantes est réduit. Il faudra souvent compter avec un peu de patience et de recherche, ne pas hésiter à s'y prendre en avance, pour trouver son bonheur. Mais quelle joie lorsque dans sa liste de lieux à ne pas manquer se trouve précisément ce type de perles... cette joie, je l'ai trouvée avec le Princess of Shoreditch, qui inaugurera mon année gastronomique 2015. Très bien situé, près de Old Street, au cœur du quartier de Shoreditch, on trouvera le lieu. Shoreditch est un ancien quartier industriel au public relativement douteux reconverti en ce qui se fait de plus populaire et alternatif, offrant un cadre tout à fait particulier à la vie trépidante qui s'y déroule. Que l'on cherche une galerie d'art alternative, un pub ultra authentique, une vieille librairie poussiéreuse, de la musique live en tout genre, des clubs branchés ou encore des tables en touts genre, Shoreditch est « the place to be »: aujourd'hui, c'est l'une des scènes numéro une de la restauration londonienne, où bon nombre de restos du genre « gastropubs » de qualité fleurissent. Le gastropub est un concept tout à fait excellent proposant dans un cadre simple et convivial des boissons et de la nourriture de haute qualité à prix relativement doux. On trouvera une tendance semblable dans la bistronomie... mais cela reste deux concepts différents. Bref... vous l'aurez compris, le Princess of Shoreditch est de ce genre. Les propriétaires du Princess se sont installés en 2010, après avoir rénové un pub vieux de 270 ans. L'ambition non-dissimulée, être le meilleur pub de Shoreditch, tant pour la nourriture que pour l'ambiance en respectant le meilleur rapport qualité-prix possible. Grâce à un travail acharné et passionné, une grande attention au contenu de l'assiette et à l'écrin qui les accueille, très vite, le lieu fera parler de lui pour sa qualité, sera récompensé par les journaux, les guides. La marque de fabrique ? Une carte petite, changeant régulièrement au gré des inspirations du chef et de ce qu'il trouvera de plus frais et attirant sur les étals. Gourmandise, générosité, personnalité, originalité et excentricité sont des mots-clés très convenables pour ce lieu étonnant que je vais tâcher de vous faire découvrir. St Paul Street, vous n'aurez aucun mal à reconnaître cette devanture arquée blanche, toute vitrée, d'un autre temps, insérée dans un bâtiment de briques apparentes tout à fait typique. Passant la porte, on tombera dans un coin pub plutôt vivant pour un premier janvier fatigué mais qui sera sans aucun doute beaucoup plus animé d'habitude. Un beau pub habitée de tables de bois toutes simples, un bar très bien aménagé, et proposant des bières, cidres et vins de très bonne qualité à prix plutôt doux (carte semblable à l'étage). On peut y manger également, plutôt de la cuisine simple mais néanmoins travaillée avec des produits choisis. Ici, premier arrivé, premier servi, pas de réservation côté pub. Mais on n'oubliera pas de réserver si c'est plutôt du côté restaurant que l'on veut manger. Il faudra alors monter au premier étage. Un escalier métallique en colimaçon y mène, nous laissant découvrir un décors et une ambiance autres. Me voilà arrivé dans une petite salle aux fenêtres arquées, une douzaine de tables de bois un peu éparses, bougies sur chacune, pas de nappes ou autres agencement, juste ces belles tables un peu brut. Aux murs, des tableaux en noir et blanc dont juste un élément est coloré dans des tons assez acides. En fond de salle, une belle cheminée surmontée d'un lourd miroir. La salle n'est pas bondée, mais correctement remplie à bien 70-80%: couples ou amis, le lieu semble à propos à toute occasion. En toile de fond, une musique un peu swing, ou alors passant sur de la chanson française, Brel et Nougarro notamment, c'est étonnant et plaisant. Au Princess or Shoreditch, c'est une carte réduite que l'on trouvera: 5-6 entrées et plats, et aucun ne failli de mettre en appétit. On notera que la carte est différente le dimanche du reste de la semaine. Pas moins fournie, elle semble simplement composé de plats plus ménagers, moins de préparations minutes, plus de tradition (en gardant une pointe de raffinement) tandis que la semaine sera plus osée dans les assiettes, mêlant plus d'innovation à la tradition, citant quasi systématiquement les provenances des matières premières qui sont des références locales. Ce soir c'est dimanche, et un 1er janvier à Londres, je mangerai traditionnel et cela ne me dérange aucunement ! Le dimanche comme la semaine, c'est la viande qui aura part belle à la carte, mais il y a toujours une proposition de poisson et végétarienne qui n'ont aucunement à rougir du reste. Autant dire que le choix sera difficile. En attendant, on me porte un panier de pain de farine assez complète, ensemencé au levain, vraiment de très belle tenue et d'un très bon goût, servi avec un bon beurre légèrement salé dans une coupelle. Très bon signe. En entrée, je choisis la « Cullen Skink ». Mais encore ? Il s'agit d'une soupe assez épaisse, très traditionnelle en Écosse avec pour ingrédients essentiels, selon la recette d'origine, du haddock fumé, des patates et de l'oignon, parfois épaissie à la fécule. Cette soupe a entièrement respecté la tradition, avec une présence assez importante de céleri en plus. Une belle couleur blanche, épaisse et gourmande, un équilibre très bien géré de salé-fumé qui fait de cette soupe une entrée réconfortante, très plaisante et très originale pour qui ne connaît pas. Pour le plat, il faudra s'accrocher avec le « Roasted Charles Ashbridge rare breed sirloin & slow cooked featherblade ». S'accrocher car je n'ai que très rarement eu devant moi une assiette aussi énorme et qui, plus est remplie. Même si la photo ne fait pas honneur à l'aspect visuel, l'assiette reste appétissante et agréable à la vue. Avec le plat, on me porte sur un plateau six sauces plutôt traditionnelles: menthe, raifort, moutarde anglaise, moutarde de Dijon, moutarde à gros grains et une compote. Plus par curiosité, je prendrai les deux recommandées avec ce type de plats: moutarde de Dijon et raifort, toutes deux bonnes et très franches. On verra arriver l'assiette de loin, couronnée d'un gros Yorkshire pudding, un accompagnement typique à base de farine, lait, œuf et eau, très apprécié avec les plats de viande grillée et plats en sauce. Ce dernier est excellent. On aperçoit autour des pommes de terre entières doucement rôties dans la graisse de canard, tout à fait savoureuses, des petites carottes non-pelées ayant subit le même traitement et du brocoli cuit, quant à lui, à l'eau. On ôte ce couvre chef pour découvrir une viande magnifique: une surlonge fort bien rassie sur os, le goût ne trompe pas, rôtie à la perfection, servie rosée, d'une tendreté parfaite. On est déjà impressionné par la quantité quant au découvre qu'au dessous se trouve une tranche toujours aussi généreuse de viande bouillie, sans doute de la palette, de saveur toujours aussi formidable et tout simplement fondante. Cela sans omettre un lit de chou frisé excellent. Un jus de viande exceptionnel vient conclure le plat. Notons la provenance de cette viande, une référence régionale qu'est la Ferme de Charles Ashbrige, spécialisé dans l'élevage de porc, d'agneau et de bœuf, toujours de races choisies, dans des méthodes d'élevage respectueuses et un travail de la viande exemplaire. J'admettrai ne pas forcément adhérer au raifort ou à la moutarde de Dijon, estimant qu'aussi bonnes soient ces sauces, elles dénaturent le goût. Un plat tout bonnement formidable, réconfortant, travaillé, riche et juste parfait. Avec ce repas, je boirai de l'eau gazeuse (filtrée, purifiée, reminéralisée et gazéifiée sur place) servie dans des bouteilles estampillées par les lieux. Notons et saluons que l'eau se paie 1£ la bouteille, argent, en cette période de fête, totalement reversée à une œuvre caritative ayant pour intérêt les pauvres de Londres. On se relâchera pourtant pas avec le vin du mois, un vin vénitien de Cecilia Beretta Valpolicella Superiore Ripasso 2012, un vin concentré, corpulent mais très bien structuré très plaisant. Complètement repu (nooooon???), je ne peux m'empêcher de me laisser tenter par un dessert, la carte faisant trop envie : globalement, ce sont des desserts gourmands, pudding, tourte, cheesecake, fromages... mais toujours avec un petit quelque chose qui vient faire twister le tout. Le choix est difficile et je pencherai pour le « Sticky toffee pudding, bourbon toffee sauce, milk ice cream ». Un dessert chaud, un vrai péché ! Le pudding est spongieux et collant à souhait, au fort goût de toffee, avec des saveurs rappelant la figue séchée. Une sauce assez corsée au bourbon et au toffee vient corser la préparation et une crème glacée au lait savoureuse vient la rafraîchir. En gros, vous l'aurez compris, c'est sucré, gras, moelleux, chaud, froid, ça colle au dents.... Un monstre de décadence que l'on savourera avec une joyeuse honte ! Vous l'aurez compris, ce repas m'a permis de démarrer cette année sur des notes de tradition, de gourmandise, d’opulence et de plaisir. Un signe pour l'année future ? Le temps d'être en capacité de me mouvoir, je prendrai un thé vert, servi en vrac, en théière, il est d'excellente qualité puis on demandera l'addition (que je redoutais un peu après avoir fait pareille bombance). Rien n'en fut: celle-ci s’élèvera à 50.85£, faisant du Princess of Shoreditch un vrai bon rapport qualité-prix-plaisir. Il faut souligner la qualité du service dans un style plutôt décontracté mais d'une qualité et d'un professionnalisme redoutables. Un flegme so british enrobé d'un humour tout aussi typé, collant à merveille avec le côté décalé des lieux. J'essaierai de venir en semaine une prochaine fois, pour apprécier le plein potentiel et la pleine ambiance des lieux. Quoi qu'il en soit, j'ai énormément apprécié ma rencontre avec la cette princesse des rues et ne peux que recommander mille fois d'y faire un tour !
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Yauatcha
Yauatcha
01.03.2015, 13:00
http://labobouffe.blogspot.ch/2015/02/yauatcha-londres.html Ce soir de la Saint-Sylvestre, je poursuis mon tour du monde en terre londonienne pour m'engager sur les sentiers si répandus mais oh combien méconnus de la gastronomie chinoise. Si l'est bien quelque chose que l'on voit à chaque coin de rue dans nos régions, c'est un restaurant chinois. Ma foi, force est de constater que l'on a généralement à faire avec une habituelle carte à rallonge avec des sauces de base souvent industrielles qui apprêtent indifféremment toutes les viandes et les poissons. Peu vont proposer quelque chose d'un peu différent, quitte à rompre avec les sensibilités en proposant des mets plus authentiques, plus « street food », cuisine de ménage ou encore seulement avec des vrais produits frais et travaillés. Bref, une fois de plus, Londres s'avère prête à offrir à l'intéresser quelque chose d'autre. C'est dans un lieu réputé que je passerai cette soirée du 31 décembre 2014, le Yauatcha. On ne peut parler du Yauatcha sans mentionner le nom d'Alan Yau, restaurateur de renom mais surtout créateur de concepts de génie sautant d'un projet à l'autre de façon infatigable. Wagamama, cette chaîne bien connue à l'échelle internationale basée surtout autour de la nouille de tous pays asiatiques, est né de son esprit prolixe; le concept a par ailleurs été reproduit et développé, voire copié. Autre aventure marquante, celle du Hakkasan considéré comme l'une des meilleures tables chinoises hors de Chine. Yauatcha est l'un des derniers nés du créateur. Un concept étonnant alliant dim-sum traditionnels cantonnais ou revus, et pâtisserie fine et créative d'inspiration française sublimée par un certain Graham Hornigold, dans un univers de maison de thé moderne, raffiné, flirtant avec le luxueux. Il faut se frayer un passage dans la sulfureuse et passionnante Soho, éventuellement zigzaguer un peu avec plaisir avant d'arriver devant une devanture bleu éclectique inratable (surtout de nuit). On devine qu'il y a du monde et que toute l'équipe du Yauatcha c'est préparée à une soirée excitée. En effet, le Yauatcha (comme bien d'autres établissements) avait organisé une soirée de la Saint-Sylvestre avec menu spécial (malheureusement pour moi, à partager à plusieurs... j'ai bon appétit mais faut pas pousser non plus) mais avec la carte toujours ouvert, DJ jusque tard de prévu pour passer le cap. Généralement je me méfie et n'attends pas forcément des merveilles d'une soirée de la Saint-Sylvestre; s'il y a certes du plaisir, les restaurants sont souvent incapables de sortir des indécrottables mets lourdissimes, vont avoir tendance à être dépassés, vont manquer de précision dans les assiettes ou alors vont ouvrir toute la carte en plus d'un menu exceptionnel sans avoir la maîtrise ou l'équipe permettant de gérer l'affaire (autant proposer un menu, un point c'est tout dans ces cas là). Ici je ne me fais pas trop de souci: le Yauatcha a du background, de l'expérience, une réputation à défendre qui lui interdirait un faux pas dans une soirée qui attirera tant de monde. Je pénètre dans un restaurant déjà bondé. Un vestibule et un secteur d'accueil immédiat, très professionnel et agréable. Sur la droite, un étal de pâtisseries magnifiques annoncent un dessert gourmand. Aux étagères qui lui font face comme aux murs, des boîtes de thé dont le nombre restera indéterminé s’alignent, certains sont de très grands thés, certains réputés, d'autres méconnus, toujours raffiné et offrant des saveurs variées. Tous sont achetables sur place, comme les pâtisseries, pour se faire un moment Yauatcha à la maison. Le long du pupitre d'accueil débute un très beau et long aquarium où vivent de très beaux poissons très colorés et plus loin une sortie de bar / cuisine. La salle est habitée de tables sombres entourées de fauteuils blanc ou noir confortables. Lumière tamisée, des plafonds au caissons en bois sombre et papier (ou imitation de papier) de riz, le tout ponctué de ces mêmes lumières bleue électrique. Plus loin, un bar où un monde énorme se tasse; c'est la salle d'attente d'une certaine manière et le lieu privilégié pour débuter la soirée avec un des cocktails de la belle suggestion de la maison et qui sont des créations. En sous-sol, une autre salle globalement plus sombre mais avec des lampes à la lumière plus crue, avec de temps à autres des notes de doré et une vie sur les cuisines, offrant une ambiance toute différente. Ce qui ne change pas, c'est la foule, le ballet des serveurs et le sentiment festif. Après un accueil très professionnel et personnel malgré le monde, je suis débarrassé de mes affaires et on me mène au bar où on me propose de patienter. En effet, ce jour particulier,le Yauatcha avait prévu plusieurs services et je suis arrivé (volontairement) un peu en avance. Me voilà donc à choisir un cocktail dans cette salle surpeuplée et animée, intéressante de par sa population mêlant couples, amis, familles, enfants de façon toute naturelle. La carte de cocktails est très bien fournie, toutes de créations de la maison, classées selon les types de goûts, charge d'alcool ou spécialités. Le choix est difficile et je me lancerai pour un Hakka, l'un des cocktail « signature » du lieu, composé de vodka Belvedere, du saké Akashi-Tai Honjozo, du jus de lychee et de lime et des morceaux de coco et de fruit de la passion fraîchement préparés sous mes yeux. C'est d'une grande douceur tout en restant léger et frais, avec une bonne teneur en alcool, très belle création. Assez rapidement, on vient me chercher et on me mène à la salle principale. A peine installé à table, on me propose de l'eau et on me porte la carte de mets et de vins. A mon grand regret, je ferai l'impasse sur les menus et tâcherai de faire un choix dans cette foule de délices que la carte raconte: dim-sums vapeurs, frits, rôtis, tantôt traditionnels, tantôt simples, tantôt surprenants, tantôt innovants. C'est la spécialité des lieux et je savais que j'en ferai mon repas. Notons toutefois un très joli choix de viandes, poissons et mets végétariens (tofu, légumes, plats de riz, nouilles) qui sont bien loin du discours commun de nos régions pour devenir tous absolument alléchants à la lecture seule. Côté boissons, notons le magnifique choix de thés, le très bon choix de vins fins et sakés japonnais. Globalement, l'alcool est lourd pour la bourse, dans ce restaurant, mais la sélection est des plus convaincante. J'ai beau savoir que je veux des dim-sums, autant dire que le choix est impossible. Après un bon quart d'heure d'hésitation sans fin, je finis par laisser ma serveuse, d'une grande patience, professionnelle et aimable, choisir pour moi. Nous partons en premier pour une sélection « surprise » de trois de ces bouchées. D'emblée on me porte trois sauces: l'une à base de soja et vinaigre de riz, une sauce pimentée assez relevée et de goût plutôt raffiné, une sauce aux piments torréfiés et sésame. Toutes trois sont probablement faite maison de par les saveurs bien différentes des équivalents industriels que je connais. Avec cela, des lamelles de concombre marinées, d'une grande délicatesse: encore du croquant, un peu de douceur dans une marinade révélant des saveurs de vin de riz. Me sont proposés en premier les « Pork and prawn shui mai ». Cela fait probablement partie de ce qui se fait de plus traditionnel et classique en la matière. D'un certain point de vue, lorsqu’on est en quête de découverte, cela peut « décevoir » de ne pas être surpris par de nouvelles découvertes dès le début. Toutefois, cela permet d'établir un étalon de qualité par rapport à quelque chose de relativement connu. Mais la déception s'arrête là car la qualité et les saveurs sont incomparables. Moelleux, gourmands, riches en bouches, les saveurs propres du porc et de la crevette, tous deux de bonne qualité, se laissent reconnaître très clairement et sont mariés à des saveurs de shii-take très plaisantes. On déplorera un petit morceau cartilagineux dans un des raviolis, provenant sans doute du porc. Malgré ce bémol, l'ensemble est savoureux. On continue avec l'un des mets les plus commandés des lieux, le « Crispy duck roll ». Des rouleaux de pâte de riz fine frits de belle taille, pas gras pour deux sous, réservant à l'intérieur une quantité appréciable de morceaux de canard tendres et riches en saveurs, parfaitement assaisonnés et entourés de quelques légumes en julienne. Servis avec une sauce traditionnelle hoi sin, elle aussi probablement maison, pas trop sucrée, avec pas mal de relief, c'est un bonheur. On continue avec probablement la plus exceptionnelle assiette de la soirée, « Prawn and beancurd cheung fun ». Le cheung fun est une forme quasi inconnue dans nos contrées et qui pourtant fait partie des incontournables chinois. Il s'agit traditionnellement de rouleaux de pâte de riz fraîche et fine, farcis, cuits vapeur et servis avec une sauce. Déjà, on ne peux que se réjouir de la précision dans le façonnage et le découpage du rouleau qui est extrêmement appétissant. La pâte est de belle texture et révèle un cœur croustillant de crevettes en chapelure riche en saveurs, un peu de salade et quelques juliennes de légumes. Le tout est servi dans une sauce sombre de soja, plus corsée mais aussi un peu plus sucrée. À ne pas rater ! Ma serveuse s'enquiert de l'état de ma faim, et je ferai la place pour une quatrième assiette qui sera un « King crab Shanghai siew long bun ». Le nom traditionnel de la forme de ravioli est le xiǎolóngbāo signifiant « petit sac » et réservant un contenu tout à fait étonnant: servis avec une sauce soja-gingembre-poireaux, l'intérieur est riche en morceaux de crabe et surtout augmenté de bouillon ! Des raviolis à la soupe de crabe. L'effet est remarquable et c'est excellent ! Côté boisson, j'ai consommé de l'eau gazeuse et un excellent thé vert, infusé et filtré par les soins de la serveuse, un « Rest Dragons Well », d'une grande délicatesse, floral à souhait, une brise printanière en bouche. Mais finir un repas à Yauatcha sans prendre de dessert, ce serait presque sacrilège lorsque l'on sait que c'est l'une des pierres angulaires du concept. Trop indécis pour choisir, je me laisserai à nouveau faire par ma serveuse qui me portera un « Chocolate toasted rice », l'un des desserts les plus réputés des lieux. Une mousse de chocolat au lait aérienne, étonnamment riche en cacao et peu sucrée, montée sur un biscuit truffé et glacée d'une couverture de chocolat de très grande qualité est augmenté de thé matcha et de grains de riz soufflé. On retrouve en couronne le riz soufflé ainsi que des éclats de noisette torréfiée et une goutte de sauce caramel très délicate, ainsi que des petites feuilles de chocolat noir au matcha de très grande qualité. A côté, une quenelle de glace à la noisette sur une cuillerée de cette crème caramel étonnante, entouré de riz soufflé, tantôt nature, tantôt caramélisé et de noisettes. Dans les mots, on croirait à quelque chose de très lourd, mais il y a ce je-ne-sais-quoi de magique qui a rendu le tout aérien, sans laisser de sensation de sucre, de gras, de crème, de lourd. Juste un dessert exemplaire, qui rend heureux que cela soit le dernier de 2014. Le tout pour la somme de 63.17£ Quelle magnifique soirée au Yauatcha, dans un cadre tout à fait particulier, servi avec un énorme professionnalisme et nourri d'une cuisine délicieuse et différente. La Yauatcha est un concept exceptionnel qui mérite grandement d'être découvert. Il n'y aura pas d'after DJ, ce soir-là, le nouvel an se fêtera cette année au pied du London Eye; m'attend un spectacle de pyrotechnie de haute voltige !
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Andina
Andina
02.02.2015, 22:25
http://labobouffe.blogspot.com/2015/02/andina-londres.html On ne le dira jamais assez: Londres est une cité cosmopolite qui est probablement l’emblème de la ville européenne où le monde se donne rendez-vous. Cela se reflète naturellement en bien des aspects dont, à mon plus grand bonheur, celui de la cuisine. Depuis quelques temps, il semblerait que les londoniens aient une nouvelle tendance culinaire: ils raffolent de cuisine sud-américaine. Non, pas que des burritos, des tacos et du chili, non pas que du tex-mex, mais de la vraie cuisine de ce continent peu représentée dans nos adresses gourmandes régionales sinon (à ma connaissance) le Restaurant du Léman à Lutry qui mêle pinte vaudoise et cuisine péruvienne et où je me suis rendu il y a quelques années. Mais je m’égare. Vous l'aurez compris, c'est à un voyage gustatif outre-atlantique que je me prépare, ce 30 décembre 2014. Une fois encore, je me suis laissé inspiré par mon ami de Hedofoodia dans le choix du Andina, précisément un restaurant péruvien, petit frère du restaurant Cevice sis dans les quartiers de Soho. Aux commandes, Martin Morales, cuisinier passionné et auteur de livre de cuisine au parcours tout à fait particulier, comme vous pourrez le lire dans le billet d'Hedofoodia. Situé en plein quartier de Shoreditch dans une belle maison aux briques apparentes, Andina brille d'une lumière chaleureuse et l'intérieur, visiblement bondé, semble animé d'une belle ambiance. On entre et l'ambiance et confirmée: musique sud-américaine souvent modernisée nous accueille dans une salle de taille moyenne bondée de monde entourant des tables en bois brun toutes simples, dressées d'un set de table servant de menu. Au plafond, des lampes tressées d'osier dégagent une lueur chaude. Voyant les tables des occupants de la soirée, on peut faire un constat simple: ici, on vient pour manger une nourriture qui réchauffe les cœurs et boire un grand coup. Qu'on se rassure, c'est pas un tripot; c'est bruyant, c'est bon enfant, c'est entraînant, un côté « cantina » citadine très sympathique. En face, un joli bar et surtout, à côté, une cuisine ouvert où officient à grande activité 4 cuisiniers. Derrière cette cuisine se trouve une autre salle encore, et il semblerait qu'au sous-sols également. Je ne saurais en dire plus, ne les ayant pas visitées. L'accueil est extrêmement chaleureux et le service très attentif et professionnel, presque à un niveau inattendu. En bonus, les serveurs sont vivants et plein d'humour et de répartie, promettant une soirée où le sentiment de solitude ne peut exister. Seul justement, je suis installé face à la cuisine pour mon plus grand bonheur. On admire le ballet en cuisine qui ne souffre d'aucune faute d’organisation, on observe les expressions, les échanges en cuisine où la même vie joyeuse nourrit le travail. On me porte les cartes, dont une de cocktails contenant une liste assez impressionnante de cocktails originaux et travaillés, offrant au public à découvrir le Pisco, une eau-de-vie typique dont le Chili et le Pérou se disputent la paternité. J'en ai pris un de la série d'ailleurs, un « Pink Pisco sour » avec de l'Estelado sparkling rose (un mousseux rosé), du Pisco de raisin Quebranta, lime, blanc d’œuf et Peychaud's Bitters. Un cocktail étonnant, d'une texture légère et d'un goût frais, fruité avec une jolie amertume. A côté de ces cocktails, un joli choix de vins sud américains, dont un bon nombre sont de culture biodynamique, servis par grosses doses de 175ml ou 250ml (contrairement aux habituels 125ml), le tout à des prix raisonnables, des jus de fruits et des smoothies. Une belle carte de mets qui promet de faire suer lorsqu'il s'agit de faire un choix. Six grandes familles se démarquent: le fingerfood apéritif, les ceviche, des mets classiques et emblématiques, la street food, les grillades et les salades et accompagnements. Tout a l'air absolument délicieux, fleure l'authenticité et le savoir-faire mais avec également en certains points de la créativité, particulièrement visible dans les ceviche qui jouent avec les variations de saveurs. Beaucoup de produits traditionnels sont utilisés. Manifestement il s'agit de portions raisonnables car il est recommandé de choisir trois plats par personne pour un repas normal. On notera la mention sur la carte de la possibilité de prendre le brunch ou encore le lunch en semaine à 9£ ce qui semble être une bonne affaire. Trêve de bavardages, je choisis trois plats de trois types différents et apprécie le spectacle du cheminement de ma commande jusqu'aux cuisines. Le chef annonce la commande, et tout le monde acquiesce, sachant pertinemment ce qu'il a à faire. Les plats arrivent dès qu'ils sont prêts, et on les déguste à son rythme. Dans la carte des ceviche, j'ai choisi le Stone bass & Fig Tiradito ». J'avais dit ceviche ? Le tiradito est un cousin que l'on pourrait qualifier de plus « gourmand » que le ceviche qui est un peu plus sophistiqué. Il se prépare traditionnellement avec du poisson cru qui s'allie à une sauce onctueuse d'un jaune éclatant à base de piment jaune, citron vert, herbes et épices. Ici la sauce sera parfumée à la figue, grenade et « yuzu tiger's milk » (un nom désignant généralement une marinade au citron vert, sel et piment. L'agrume étant ici le yuzu). Le stone bass, aussi appelé wreckfish en anglais désigne un poisson assez méconnu (que je n'avais d'ailleurs jamais goûté), le cernier commun. Ce dernier a une chair blanche, très délicate, de saveur fraîche et goûtue. Ce qui n'enlève rien au plaisir, c'est qu'il provient d'un élevage durable. Et en bouche dans tout ça ? Ça explose de saveurs, de la douceur, du fruité, de l'acide, du piquant, du frais, c'est un plat aussi coloré que plein de relief qui m'a donné énormément de plaisir ! Côté grillade, j'ai pris les brochettes de baudroie, précisée provenant d'un élevage durable de Cornouailles, mariné dans du vin blanc, cumin, et piment rocoto, un piment typique du Pérou pouvant prétendre à un honorable 100'000 sur l'échelle de Scoville pour qui serait sensible (ici dosé avec une grande sagesse). Deux brochettes, juste passées à la plancha, me sont servies sur un lit de quinoa parfait, de la salicorne et une rondelle de citron. Le poisson est juste magnifique, la chair respectée, moelleuses à cœur, et des saveurs très variées, c'est une très belle réussite. Côté « sides », j'ai choisi une salade aux quinoas rouges et blancs, avocat et concombre, d'une grande fraîcheur avec beaucoup de gourmandise, augmentée de quelques haricots blancs et pataugeant dans une sauce d'un beau rouge aux saveurs fruitée et acide tout à fait intéressante, une très belle salade. Avec ce repas, une grosse portion (250ml dans un verre quant même) d'un vin rouge chilien, un mono-cépage de Syrah: « Terra Andina Reserva », 2011, des caves du même nom qui s'est avéré d'un bon rapport qualité-prix-plaisir avec des saveurs assez concentrées de fruits rouges et des notes de caramel. La seule chose que l'on aurait pu lui reprocher est d'être servi un peu chaud. A côté de cela, j'ai été régulièrement servi d'eau à la carafe sans-même que j'aie à le demander. Sur recommandation du serveur, je me laisse tenter par une spécialité toute particulière, les « Picarones Doughnuts », un beignet à bas de courge et patate douce très riche en saveur, mais pas autrement lourd malgré les apparences, servi avec un étonnant sirop de maïs violet (l'une des innombrables variétés primitives de maïs cultivées depuis des millénaires en Amérique du Sud, considéré comme un aliment santé), développant des saveurs presque acidulées assez intéressantes et un gourmand « chocolate fudge » pour se rappeler du continent dans lequel on se trouve (toute une culture, le fudge, dans les pays anglo-saxons). Même avec tout cela, l'addition reste raisonnable: 44.44 £. Que dire ? Pour passer une soirée animée, drôle, musicale, humaine, de découvertes et de gourmandise, l'Andina semble bien choisi avec sa cuisine ouverte, son équipe aux petits soins tout en restant décontractés, ses mets différents et délicieux dans un cadre ultra chaleureux ! En gros, pourquoi s'en priver ?
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Ottolenghi Islington
Ottolenghi Islington
29.01.2015, 20:57
http://labobouffe.blogspot.com/2015/01/ottolenghi-islington-londres.html Toujours à la recherche de nouvelles sensations, j'ai réservé ce soir du 29 décembre 2014 dans un lieu plutôt célèbre où officie un chef d'origine israélienne nommé Yotam Ottolenghi. A l'origine journaliste, philosophe, il entamera dans un second temps une école de cuisine à Londres, sera chef pâtissier puis cuisinier. Il développera un style de cuisine profondément inspiré de ses origines qu'il mêlera d'inspirations méditerranéennes et asiatiques. Fort de son succès, il possède aujourd'hui quatre restaurants où il exprime ses inspirations au plus grand bonheur de ses clients. Autant dire qu'il faut réserver ! L'essentiel de ces restaurants sont des « relis » (ou « Delicatessen »), des lieux tout à fait particuliers à mi-chemin entre épicerie et restaurant. Son dernier établissement, le Nopi, est lui, plus proprement un restaurant, dont vous pourrez apprécier l'art avec l'excellent article d'Hedofoodia. Il a par ailleurs publié trois livres de recettes qui rencontrent, également, un énorme succès, où les légumes on part belle et où sa créativité est partagée au grand public dans un déluge de saveurs et de couleurs. C'était donc avec beaucoup de réjouissance que je me suis rendu dans son établissement d'Islington, district du Grand Londres plutôt populaire et très vivant, rassemblant bon nombre de bars, pubs et restaurants, très agréable et plutôt beau, illuminé de ses décorations de fêtes encore présentes. On longera relativement longuement l'Upper Street pour atteindre sa destination. Malgré son succès, dans l'étalage de lumières et d'enseignes de l'Upper Street, il passerait presque discret, avec sa petite vitre et son enseigne rouge, si l’œil n'était pas immanquablement attiré par l'outrageuse débauche de pâtisseries gourmandes et colorées. On entre dans un établissement accueillant, aux lumières blanches mais douces sur des murs essentiellement blanc. A gauche, un comptoir qui sert de « caisse » de la part épicerie du lieu, mais où s'empilent des assiettes d'entrées froides qui tenterait n'importe qui, ainsi qu'au mur, la suggestion du moment en terme de vins. Le long du mur, à droite, des pots d'épices, de sauces, de pickles, de confiture, bouteilles de vinaigre et j'en oublie rivalisent de couleurs. Accueilli avec beaucoup de chaleur par une équipe jeune et hyper professionnelle, je suis mené plus loin dans cet établissement tout en longueur. Un bonne moitié de l'espace est occupé par une table commune, qui n'a rien d'une table de cantine : d'un blanc virginal, entourée de sièges confortables également blancs, parsemée de jolis chandeliers. C'est convivial et intime à la fois, c'est très agréable et j'y serai installé. La seconde moitié de l'établissement contient des tables plus petites et intimes qui ont tout d'un restaurant chic et romantique. On me propose directement de l'eau puis on me porte la carte. Tout juste composée d'une douzaine de propositions, elle est partagée en deux parties : « From the counter » et « From the kitchen ». On comprend très vite que l'on pourrait comparer grosso modo cela à « mezzés froids » et « mezzés chauds », d'une grande inspiration et créativité, promettant fraîcheur, précision, saveurs et voyage... et là, c'est le drame : pas une seule des propositions de la carte ne me fait pas envie. C'est d'autant plus frustrant qu'à une table de 4 à 6 convives, on explore assez aisément toute la carte. Seul toutefois, j'éviterai de tenter de relever le défi. Fatalement, je fais un choix, un plat froid et un plat chaud, on verra plus tard si j'aurai encore faim après. On m'apporte pour patienter un trio de pains manifestement maisons, beau, avec une odeur chaude et délicieuse. Un pain mi-blanc, un autre apparemment au levain et un final au pois chiche et épices qui était vraiment magnifique. À côté, une très belle huile d'olive piquante et herbeuse comme je les aime. « From the counter », donc, je me lance pour une préparation fortement inspirée du Japon avec du thon albacore pêché à la ligne, juste saisi dans une croûte de graines de sésames blanc jaune et noir. Le produit est saisi au millimètre laissant un intérieur cru et gourmand. Finement assaisonné (sans doute mariné au soja et miel) et enrobé d'une croûte de tenue parfaite, le résultat flatte déjà les yeux et les papilles. Mais trempez seulement ce poisson dans la sauce soja-miel et gingembre qui l'accompagne, enrobez le tout de ciboule, et le bonheur est complet. « From the kitchen », je me serai intéressé par des kofta de gibier. Les kofta sont des spécialités d'origine persiques que l'on trouvera dans les pays d'Orient comme du Maghreb, mais aussi d'Europe orientale sous différentes appellations proches (kofte, köfte, kufta...) et désigne pour faire simple une boulette de viande. Ici elle prend une forme toute particulière, déjà en étant préparée à partir de chasse, mais en plus accompagnée d'un surprenant et assez méconnu « green tahini », du chou plume, oignon confit et sauce au citron. M'arrive une jolie assiette nourrie de trois gros kofta, juste passée dans une fine chapelure et frite. Ici, il n'est pas question de chasse discrète : ça explose en bouche, ça sent de l'intérieur, viande, épices, c'est intense et riche avec tout le bonheur du moelleux et croustillant. Le chou a été simplement revenu avec ces oignons confits apportant une jolie acidité augmentée encore par la présence du citron. Le « green tahini » était une surprenante sauce apportant un peu d'amertume et beaucoup de saveurs d'ail, de sésame et d'herbes (persil, cresson) et un trait de citron. Splendide ! Pour accompagner mon repas, sinon de l'eau gazeuse, j'ai pris deux verres d'un très joli rouge de Navarre, un Aroa Garnatxas 2013 des Bodegas Aroa, travaillant exclusvement avec des méthodes biodynamiques. Il s'agit d'un vin 100% Grenache qui révélera des saveurs profondes de fruit, d'une grande douceur, presque grasses, un bel équilibre, il m'a beaucoup plu ! Si je ne suis pas plein à craquer, je me garderai pour un dessert. Oui, ceux qui m'ont fait de l’œil avant-même l'entrée dans le restaurant. Ce ne sont que des créations du jour une bonne quinzaine, dont 5 « habituelles » sont recensées sur la carte des desserts ; on me suggérera d'aller au comptoir pour faire mon choix. A nouveau, c'est terrible car face à un tel étalage, on se sent comme un enfant et on veux goûter à toutes ces pâtisseries gigantesques et colorées. Je me déciderai pour l' « orange cake ». C'est un vrai monstre, magnifique de moelleux, très riche en saveurs d'orange, magnifié par un glaçage au chocolat noir riche. Il est servi avec une crémière de savoureuse crème vanille. Avec cela, un verre d'un vin rouge de dessert, à nouveau espagnol, un Ramblis, des bodegas Bernabe Navarro, 2011, riche et gourmand, presque un dessert en soi. Il me faut mettre un terme à ce repas et commande l'addition qui s’élèvera à 49.65£. Ottolenghi, c'est la promesse d'un moment différent, d'autres saveurs, beaucoup de créativité emprunte de tradition, dans un cadre élégant, certes, mais surtout chaleureux et communautaire et géré par une équipe jeune, dynamique, pleine de savoir-faire. Disons-le, j'ai adoré.
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The Modern Pantry
The Modern Pantry
14.01.2015, 21:36
http://labobouffe.blogspot.com/2015/01/the-modern-pantry-londres.html Après deux repas « découverte du monde », je désirais ce soir du 28 décembre 2014 explorer une cuisine dont on entend beaucoup parler et qui offre d'autres formes de découverte, la cuisine que l'on appellerait « fusion ». Une façon de faire qui est relativement à la mode et que, personnellement, j'apprécie généralement. Les recettes se trouvant sur ce blog montrent bien que mes propres repas domestiques serait plutôt dans cette tendance qui mêle produits, saveurs et textures. C'est généralement une cuisine que les puristes n'aimeront pas. Elle sera en parallèle régulièrement victime de son succès, devenant un peu confuse, déséquilibrée en saveur ou aux accords peu heureuse. Je n'ai toutefois aucune crainte en réservant au « The Modern Pantry ». La cuisine de Anna Hansen réjouit les papilles tant de chroniqueurs gourmands de monde professionnel, de guides et de critiques que d'amateurs éclairés et habitués aux belles tables à travers le monde. Je recommande d'ailleurs vivement la lecture du billet d'Hedofoodia à ce propos, qui est des plus éloquent. Un dimanche soir, c'est une chance qu'une telle table soit ouverte. Sis St-John Square, près de Clerkenwell Road, le restaurant jouit d'une situation bien centrée dans un très joli quartier où bâtisses géorgiennes côtoient quelques bâtiments modernes, occupant deux beaux qui furent en leur temps une fonderie d'acier et une mairie. Le restaurant s'établit sur deux étages. En haut, un style élégant et épuré, lumineux offrant sans doute de jour une jolie vue sur le quartier. Au niveau du sol, un espace moderne. A l'entrée, au coin, un joli bar boisé et dans la salle aux lumières tamisées, de nombreuses tables carrées blanches s’alignent sous des lampes cuivrées, banquettes de cuir brun contre les parois blanche ou bleu clair. En bout de salle, on peut apprécier l'ouverture sur la cuisine offrant une vue de l'activité intense s'y trouvant. En toile de fond, une musique très variée mais avec des dominantes swing et quelques incursions disco. Je suis accueilli par un serveur aux allures décontractées, grand sourire, mettant immédiatement à l'aise. Il m'installe à ma table qui n'attend que moi et me porte la carte des mets et celle des boissons. Je commencerai par un cocktail, la création du jour, le « Reina Zita » composé de gin « Fifty Pounds », liqueur de mûre, ginger ale et sirop d'ajowan, un improbable sirop issu de cette graine indienne, un peu semblable au carvi et aux saveurs rappelant le thym. Un cocktail d'une couleur intense et aux saveurs amères, fraîches et équilibrées, absolument pas commun et très intéressant. On me sert d'office de l'eau en carafe, ce que j'apprécie. En attendant, on consulte une carte, courte, qui promet toutefois d'y laisser quelques cheveux lorsqu'il s'agit de faire un choix. La carte est datée, promettant une cuisine fraîche, évoluant au quotidien, selon marché, humeur, envies et inspirations. Des intitulés qui ébouriffent et vont bien au-delà des sentiers communément empruntés, aux inspirations tantôt méditerranéennes, tantôt asiatiques, tantôt sud-américaines, c'est déroutant et tellement appétissant et il y a presque à chaque intitulé au moins un ingrédient plus méconnu ou particulièrement étonnant. Les vins sont également très bien choisis, faisant part belle aux vins bio et biodynamiques, à prix plutôt doux. Je commencerai par un carpaccio de poulpe, cuit lentement, parfumé à l'anis, lamelles de chou-rave, câpres grillés et graines d'anis torréfiées. L'assiette est très élégante, un poulpe moelleux et goûteux, tranché assez épais, tiède, offrant un joli contraste avec le piquant-croquant du chou-rave cru. Les câpres grillés apportent des saveurs chaudes et acidulées et les graines un je ne sais quoi qui complète parfaitement ce plat arrosé d'une huile d'olive de très belle qualité. Une superbe entrée. Je poursuis avec le mulet poêlé parfumé à la feuille de kaffir, betteraves rôties, laska au crabe et pomme, slaw de fenouil et grenade. M'arrive à nouveau une assiette très bien dressée. Le laska est une forme de curry d'inspiration malaise-indonésienne, ici retravaillée avec du crabe et de la pomme, le rendant savoureux, doux, avec une note iodée très à propos, une création gourmande et riche en saveurs servant de toile de fond au plat. Puis se superposent un mélange de betteraves jaune et rouge, grossièrement tranchées et parfaitement rôties. Au-dessus, un tronçon de poisson délicat parfaitement cuit, d'une grande fraîcheur, un très beau produit. Enfin, si l'on parle souvent de « colslaw », cette salade de chou anglo-saxone blindée de mayo, elle prend des allures délicates et raffinée de fines tranches de fenouil, augmenté de carottes, julienne de pommes et graines de grenades, c'est d'une grande fraîcheur. Cela paraît sans doute fruste à décrire, mais les saveurs vont diablement bien ensemble pour faire un plat d'un très grand niveau, excitant les papilles, offrant gourmandise, croquant, iodé, doux. J'ai profité d'un vin élevé en biodynamie avec ce plat, un Chardonnay « Le Casse-Noix » du Languedoc, 2013 offrant du fruit tout en fraîcheur, parfait équilibre entre des saveurs d'agrumes et des notes douces miellées. Les desserts sont tout aussi fous et difficiles à choisir. Je céderai à la tarte à la courge, gingerbread, crème au citron calamansi, lime iranienne, graines de courges mélasse de courge, grué de cacao au piment. Oui ! Tout ça ! Et fichtre, c'est diaboliquement bon. Une masse délicieuse à la courge, des notes de sel et au franc goût de courge, montée sur du gingerbread croquant de belle qualité, un travail très raffiné avec cette crème aux agrumes d'une grande légèreté surmonte cela. Autour, des graines de courges torréfiées s'étalent sur une petite lichette de mélasse riche en saveurs, très « brute », surmontée de ce grué piquant-croquant-caramélisé. Magnifique ! Avec cela, un Moscati d'Asti « Bricco Quaglia » de la maison « La Spinetta », provenant du Piémont, 2013 tout à fait magnifique, un dessert à lui tout seul. On l'aura remarqué, j'ai un peu abusé ce soir, et cela se remarque sur l'addition qui s'élèvera à 75.93£. Mais que cela en valait la peine de découvrir ce lieu unique, atypique, cette cuisine folle, créative et exécutée à la perfection, cette équipe humaine et sympathique. Un lieu à découvrir !
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marie-joelle volnay
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Ville de l'établissement: Tours

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Je n'aime pas: attente, mépris du client en servant une cuisine de mauvaise qualité ,

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