Nous avons diné chez Geert van Hecke chef de De karmeliet , le 3 étoiles de Bruges au printemps 2009.Malheureusement pour nous, nous y avons mangé un samedi soir (au pied levé quasiment car nous n'avions pas réservé), dans un restaurant bien rempli avec un personnel certes efficace mais peu expansif en explication sur le menu
Geert Van Hecke, aux commandes depuis 27 ans, parle ainsi de sa cuisine «C'est une cuisine franco-belge d'aujourd'hui, une cuisine légère, avec de beaux produits ». Le moléculaire, ce n'est pas son truc avec une carte renouvelée 5 fois par ans.Nous avons été sages et pris le Menu de printemps.
Pour accompagner notre champagne Billecart Salmon rosé, quelques apéritifs : tarte basilic tomate cerise, pied de porc moutarde et biscuits de parmesan aux pistaches et citron (excellent le biscuit) : c’est bien en deça de ce que l’on peut attendre d’un trois étoiles.
Viennent ensuite les amuse-bouche :
Foie gras, petit pois et gelée de boeuf
Saumon mariné et salade de fenouil
Mousse de hareng et betterave
Rien n’est spectaculaire mais ce n’est pas mauvais.
Ensuite une petite mousse de crevettes accompagné d’un tartare de langoustine. Classiquement belge et sans surprise.
Notre véritable entrée arrive : Filet de Saint-Pierre marine, infusion aux algues, homard et tartare à l’orientale. L’assiette est jolie mais n’a finalement aucun intérêt gustatif. Les produits sont bons, l’infusion d’algues est une bonne idée avec son trait de coriandre mais on n’en retient rien.
Comme lors des 3 autres repas dans la région, on nous sert l’éternelle asperge de Malines, morilles fraiches et jambon « sanbucano », œuf mollet.C’est la version la plus réussie de l’asperge que nous ayons mangé ce week-end. La sauce aux morilles est excellente ainsi que la chips d’asperge qui l’accompagne. Impeccable.
Nous attaquons ensuite notre pavé de bar de ligne, tapioca aux herbes vertes, coques et bigorneaux, gnocchis frits. Excellents produits mais rien ne dépasse et vient nous titiller les papilles.
Pour accompagner nos entrées et plats, un Condrieu Petite Cote 2005, un vin excellent aussi bien avec un légume comme l’asperge que le poisson.
Pas de fromages (nous avons été raisonnables) et les desserts arrivent. Deux desserts, un autour du fruit et un autour du chocolat.
Une glace fraise/vanille avec de la rhubarbe confite et une mousse à l’Elixir d’Anvers (Liqueur jaune inventée par François-Xavier de Beukelaer en 1863 et préparée à partir de 32 plantes macérées et distillées lentement, puis vieillie 5 mois en fûts de chêne. Pasteur lui aurait reconnu des vertus bienfaisantes en 1887, et quelques gouttes sur un sucre avant le coucher est une pratique encore courante en Belgique).
Et ensuite une mousse au chocolat, sorbet au pamplemousse, herbes au citron.
Deux desserts de bonne facture sans être totalement originaux. J’ai beaucoup apprécié l’association chocolat et pamplemousse avec l’acidité de cette herbe au citron.
Quelques mignardises et cubes glacés pour finir le repas.
Lorsque nous avons quitté le restaurant, aucun de nous n’a été totalement séduit. Je ne sais pas si c’était notre repas mémorable de la veille chez Oud Sluis ou l’agréable découverte de C-Jean à Gand le midi qui nous avaient un peu anesthésiés les papilles et l’esprit. Un bon restaurant mais certainement pas un trois étoiles pour nous au sens où nous l’entendons. A conseiller si vous souhaitez déguster d’excellents produits classiquement cuisinés et élégamment présentés mais à contourner si vous souhaitez ouvrir vos papilles à de bouleversantes associations et textures.
Plus d'audace mais cela remettrait en cause les fondements du restaurant