À la veille du départ de Katyusha pour Berlin, soit le 31 mars 2012, le destin (mon épouse me corrigerait en disant: le hasard) a voulu que nous nous rendions à La Buritaz !
Nous voulions en effet aller au Molino de Vevey, mais le système de réservation de iTaste - toujours fort efficace, dois-je préciser - m'a fait comprendre que ce restaurant est fermé le samedi soir.
Nous nous sommes donc "rabattus" - le repas me démontrera que ce verbe est très mal choisi et que je dois le remplacer par "redirigés" - vers La Buritaz.
Même si je conseille toujours aux miens d'aller à droite quoi qu'il arrive, dans ce restaurant il faut absolument aller à gauche ! Le restaurant situé à droite du bar est certes plus lumineux que le restaurant situé à gauche de l'entrée, mais ce dernier fait plus chalet avec les pierres apparentes dans les murs ainsi que les poutres au plafond. Ma femme précise qu'il y avait un parquet comme autrefois au sol et de jolis rideaux oranges aux fenêtres !
Olivier, notre sympathique serveur, prit la commande des apéritifs juste après nous avoir distribué les cartes et m'avoir donné celle des vins.
Je tiens à mettre en exergue le fait qu'Olivier avait aussi déposé des amuse-bouches sur notre table: tartinettes aux rillettes de saumon ! Mmmh ! Mmmh !
3 kirs (vin blanc, dois-je préciser comme le fait le restaurant avec sa facture ?) donc et 1 Coca-Cola zéro (pour notre aînée... Incroyable, mais vrai !).
1 charmante demoiselle profite de notre attente pour se présenter: elle est la responsable des "brunchs" ! Elle fut tellement convaincante qu'elle a réussi à nous faire réserver 4 places pour un futur "brunch" !
Nos entrées ?
2 os à moelle gratinés à la moutarde ancienne pour mon épouse et moi !
1 crème de carottes au gingembre pour ma cadette.
1 salade de queues d'écrevisses et avocat sur son lit de mesclun pour mon aînée.
Si mon épouse a apprécié le fait que la moutarde gratinée évite à la moelle de devenir vite écœurante pour son dégustateur, j'ai pour ma part regretté que cette même moutarde cache un peu trop le goût de la moelle, car je ne trouve jamais son goût lassant, pour autant qu'elle soit bien cuite.
Ma cadette, qui adore la carotte (seul légume qu'elle mange avec plaisir), a jugé son potage plus que délicieux.
Quant à mon aînée, elle fondait de plaisir en mangeant les quelques rares queues d'écrevisses que le reste de la famille a bien voulu lui laisser. L'avocat, coupé en tranches, était à point ! Elle a même mangé sa salade de Mesclun, même si c'est dur pour elle de savoir qu'on doit ces feuilles de plantes potagères aux Franciscains du monastère de Cimiez !
Nos plats ?
2 souris d'agneau caramélisées avec sauce au romarin pour mon épouse et ma fille aînée.
Des fagottini al pesto pour ma fille cadette.
1 entrecôte (à point) de 200 gr avec sauce aux bolets au parfum de truffes.
Les souris d'agneau étaient si grosses qu'on aurait dû, à mon avis, les appeler "rats d'agneau".
L'amour que mon aînée porte à l'agneau fait d'elle la musulmane de la famille ! Elle ne m'en voudra pas de vous dire que sa ville préférée est Marrakesh !... ou est-ce le Caire ?
Orthodoxe et catholique (eh oui, c'est possible, même si ce fait, par définition, fait penser à un oxymore !), le porc ne me rebute pas, bien au contraire ! Cette déviance m'a fait voir dans l'assiette de mon épouse et de ma fille aînée: une "Schweinshaxe" de chez Haxnbauer à Munich ! Honte à moi !
Ma cadette qui, de ses grands-parents maternels, tient son amour pour les pâtes (et l'anguille, ce poisson-serpent, comme je l'appelle, dois-je ajouter !) a pris un plaisir énorme à manger ses pâtes !
Pour ma part, j'ai apprécié ma viande à sa juste valeur. Les légumes qui l'accompagnaient étaient bien cuits et croquants, comme je les aime. Mais les bolets étaient trop flasques à mon goût. Je sais, je sais - tiens, ça me rappelle une chanson de Jean Gabin ! - ce n'est pas la période des champignons; alors je n'ai à m'en prendre qu'à moi-même ! Quant au parfum de truffes, je ne l'ai pas trouvé ! Ce qui a énervé mon épouse: "de toute façon, tu ne sens jamais rien; il faut vraiment te faire opérer du nez !"
Même si on nous a aussi proposé du gratin dauphinois, des pâtes ou du riz, mon épouse, ma fille aînée et moi-même avons pris des "frites maison" en accompagnement.
Pour ce qui est des vins, "l'oeil était dans la tombe et regardait Caïn" !
Mon frère et Bernard Anthamatten, œnologues omniprésents, ont veillé à ce que je commande du vin valaisan avec toute cette viande.
Mais, si j'ai voulu boire du Cornalin, notre serviteur, qui n'en avait plus en cave, m'a recommandé du Clos du Château 2009 (vieille vigne / cuvée barrique) de Charles Bonvin.
Je dois malheureusement avouer - je dis malheureusement, car Me Dominique Poncet avait coutume de dire: "même pris la main dans le sac, n'avouez jamais !" - que le conseil de notre serveur à l'oeil de lynx fut fort judicieux !
Et mon épouse a succombé à la proposition de ce dernier pour accompagner son entrée: un verre de pinot gris (Vigne reine 2010) de chez Samuel Cossy de Chexbres.
Nous avons aussi commandé 2 demi-Henniez gazeuses et 2 thés froids.
Comme desserts ?
2 fondants au chocolat pour mes filles. Ceux-ci méritaient vraiment leur nom !
1 tarte aux fruits pour moi, car il n'y avait plus de crème brûlée à l'aspérule odorante ! Peut-être que cette plante médicinale est réservée aux malades...
La tarte aux fruits ? Une tarte aux pommes gratinée au Mascarpone !
Et enfin: 1 express comme je les aime: servi chaud et sans arrière-goût !
En résumé, je peux relever 3 points positifs:
1) le cadre, tant extérieur qu'intérieur, est magnifique ! On pourrait le qualifier de "campagnard chic" !
2) le restaurant sert une véritable cuisine de terroir (les légumes viennent de "la ferme de Primapraz" de Chexbres, située juste au-dessus; quant à la viande, elle provient de la boucherie de campagne, située un peu en-dessous du restaurant, soit du chemin de Cremières 2 à Chexbres) !
3) le service est prévenant, chaleureux et toujours attentif aux désirs des clients !
Je vous le recommande pour un week-end ensoleillé au Mont-Pèlerin (clin d'oeil à Isabelle Glauser !) !
Mon épouse et ma fille aînée auraient préféré une sauce au romarin faite avec le jus de cuisson pour accompagner la souris plutôt que la sauce épaisse qui l'accompagnait...
Les sauces (celle de la souris et celle de l'entrecôte) étaient trop épaisses à notre goût, nous faisant ainsi penser à de "l'industriel"...
Le pain avait disparu de la table avec l'arrivée du plat principal et n'y est plus revenu !
Mieux vaudrait une carte des vins plus modeste, mais avec une cave renfermant tous les vins cités !
Dommage que le serveur ait dû m'annoncer que le dessert désiré n'était plus disponible !
Après un repas de cette qualité, on aurait préféré avoir quelques mignardises (ex: tuiles de chez Moutarlier) plutôt que le petit biscuit industriel qu'on m'a apporté avec le café !
On aurait aimé faire la connaissance du chef de cuisine, Monsieur Marc Varenne, ou que son épouse, Laurence, le représente en salle...
un cadre splendide, une décoration sobre, de goût et sans publicités cachées, un salon de jardin et des patrons chaleureux, voici la recette pour se mettre correctement en bouche. la carte est intéressante et offre un large choix. les plats sont préparés avec passions. le cuisinier nous offre un joli exemple de son talent et incorpore quelques "arômes" régionaux, par exemple dans sa crème brûlée "de saison". ce restaurant à tout pour plaire. le rapport qualité / prix est très bon.