Il faisait un froid pénétrant, ce mardi 27 décembre 2011, plus encore le soir. Rien de tel alors, pour se réchauffer corps et coeur, qu'un instant partagé entre amis autour d'une petite table toute simple.
C'est le Rialto, restaurant membre de la Clé Lausannoise, que nous avons élu pour notre soirée gourmande.
Le restaurant est situé dans les hauts du centre de Lausanne, quartier de Béthusy, dans un secteur plutôt calme : entouré d'écoles, du complexe hospitalier du CHUV et de quartiers locatifs à tendance chic pour certains, le cadre extérieur est plutôt bigarré sans être vraiment animé.
Il est difficile de faire plus simple d'accès pour le piéton : il suffit de prendre le bus numéro 7 pour s'arrêter à l'arrêt Béthusy. De là, en trois pas (ou dix s'il faut traverser la route), on est sur le pas de porte du Rialto.
Extérieurement, on est tout à fait dans un aspect « bar PMU de quartier », pas d'agencement particulier, des grandes baies vitrées donnant soit directement sur la salle à manger, sans autres rideaux, soit sur une « déco » faite de boîtes de pizza à emporter et quelques lumières colorées. Une place en face du restaurant, de jolie taille, accueille sans doute une terrasse en période favorable. Quoique bordée par la route de tous cotés, le site paraît agréable car tout entouré d'une haie suffisamment touffue pour couper des alentours routiers, tout du moins visuellement. A voir le résultat en saison.
À l'intérieur, le restaurant s'agence en une grande salle, simple mais chaleureuse, entre baies vitrées un peu plutôt nues et murs rouge-orangés, assortis au sol carrelé et aux colonnes reparties dans la salle ; à droite, un bar relativement élégant en bois sombre menant aux cuisines, faisant face à une salle pleine de chaises et tables en bois carrées et quelques rondes, en bon nombre, certes, mais un espace correct entre chacune d'entre elles est respecté. Elles sont revêtues d'une nappe en tissu épais blanc, sets de table tressés en cuir noir, serviette en papier.
Nous sommes pris en charge par l'unique serveuse présente de la soirée (qui doit avoir de la peine en cas de salle comble). Madame nous apporte la carte, encore au nom de l'établissement procèdent (La Perle d'Or). Un très (trop) grand choix de mets plutôt italiens, dans un discours hyper standard, pasta, pizze en plats, les pièces habituelles de viande, salades et entrées classiques... Rien de franchement palpitant. Mais en observant bien, quelques entrées sortent du lot : salade de concombre au yaourt, feuilles de vigne, salade anatolienne... Et en bout de carte la promesse d'une proposition à venir de spécialités anatoliennes... On se renseigne sur l'éventuelle présence de certains de ces plats (merci iTaste), Madame nous en propose deux (Izkander Kebab et une variété de Köfte) qu'elle ne nous décrit que sommairement, le chef n'étant pas présent. Un peu surpris je dois l'admettre, d'avoir des plats différents que ceux servis aux iTasters précédents (y a-t-il deux choix par jour de spécialités anatoliennes?) et que le chef ne soit pas présent, ce qui me fait presque craindre pour la qualité de préparation.
Bon, on se lance néanmoins pour les spécialités, et n'avons pas été déçus. Voilà de quoi s'est composé notre repas :
En entrée, nous avons tous deux pris une salade de concombre au yaourt (Cacik) : une assiette bien garnie de dés de concombre croquants noyés dans un yaourt nature (au lait de vache au goût) frais et à peine acidulé. La préparation a un goût présent mais non-persistant d'ail, aromatisant très agréablement la « salade » sans pour autant lui ôter sa fraîcheur. Saupoudré d'herbettes séchées, identifiées a priori comme de l'origan et arrosé d'un filet de bonne huile d'olive, l'ensemble est frais, laisse une impression de légèreté et ouvre agréablement l'appétit.
Nous n'avons pas pu nous empêcher de nous partager une assiette de feuilles de vigne farcies (Yaprak sarmasi ) : A nouveau, une assiette bien garnie nous arrive. Un lit de laitue iceberg fraîche et croquante (peut-être en paquet, difficile à déterminer), légèrement arrosée d'huile d'olive, à peine salée et agrémentée d'herbes séchées semblables à celles sus-signalées. Sur chaque côté de l'assiette une tomate cerise, et aux coins, rondelles de concombre ou quartier de citron. Surplombant l'ensemble, quatre feuilles de vignes agréablement marinées, légèrement vinaigrées mais restant très équilibrées, un goût à peine sucré, ce qui m'a fait penser peut-être à l'emploi d'un balsamique, sachant que celui de grenade est relativement répandu en Turquie. La farce est excellente, onctueuse, faite de riz parfaitement cuit et de viande hachée d'agneau au goût, quoique celui-ci n'était pas du tout fort. Ajoutez à cela quelques épices et le final est très satisfaisant.
Pour le plat de résistance, nous avons à nouveau élu la même spécialité tous les deux, à savoir (si je me souviens bien de l'appellation) : des « Içli Köfte » : Ce plat consistait en trois croquettes, façonnées comme des patates (on aurait presque pu s'y tromper). Il m'a semblé qu'elles étaient à base de boulghour, préparé comme une pâte épaisse fourrée d'une préparation de viande hâchée, apparemment de l'agneau (au goût très doux, la viande n'était pas du tout forte), agréablement épicées (on sentait surtout la présence du paprika, et peut-être une note de cannelle). Si la proportion de viande par rapport à la pâte est assez réduite, le résultat n'en est pas moins délicieux, plein d'arômes, moelleux et assurément roboratif (après trois de ces boulettes, difficile de ne pas être calé). Agréablement et intelligemment, le plat est complété d'une belle grosse salade anatolienne : dés de tomate, de concombre, de l'oignon et du persil plat, en sauce fraîche à l'huile d'olive, vinaigre, citron, sel et poivre. Ce fut le seul élément un poil trop salé à mon goût, mais rien de persistant ; la salade est restée un accompagnement parfait pour ce plat.
Le repas a été accompagné de pain correct à farine bise. Je ne peux m'empêcher de regretter un pain plus adapté, qui, je l'espère, viendra avec le développement de la carte.
Nous avons accompagné ce repas turc d'un vin rouge turc, 5dl. de Yakut ouvert, ayant gardé manifestement tout son maintien, fruité et puissant, de bonne compagnie, qui plus est à un prix très correct (21.-). Avec cela, une carafe d'eau qui nous a été accordée sans broncher, avec le sourire même, malgré la Clé Lausannoise.
Pour note, je suis forcé de remarquer qu'au niveau des légumes, on est totalement hors saison pour la Suisse. Toutefois hiver comme été, ce sera tomates, concombres,poivrons, oignons et aulx qui accompagneront vos repas, en tout cas pour ce qui est de la cuisine anatolienne en Suisse.
On se renseigne pour un final sucré, c'est la carte frisco qui nous arrive. Une spécialité peut-être? Bah non, rien, le chef n'est pas là. Bon, on se rabat sur les profiteroles servies tel quel, sans autre essai d'agrément. Bon, c'est pas maison bien sûr, mais correct. On accompagne cela d'un café simple.
Au final, un bon repas, malgré les réserves signalées dans mon commentaire, surtout issues d'une sensation d'incomplet découlant d'une offre culinaire en transition. Les spécialités proposées étaient toutes très bien réalisées et généreusement servies. Malgré le minuscule choix, des plats que l'on ne trouve pas dans les autres restaurants turcs, comme les köfte consommées, ce qui rend l'avenir prometteur! Complétons cela d'un service chaleureux, souriant et faisant de son mieux pour conseiller le client.
Bref, le lieu peut avoir de l'avenir et je me réjouis qu'ils développent enfin leur offre de spécialités anatoliennes (car il me semble qu'ils tardent un peu). Notons qu'avec le rabais Clé Lausannoise, nous nous en sommes sortis à 72.50 CHF et que le prix plein se serait monté à 117.-. Pour tout ce qui a été consommé, la qualité et la générosité, on entre totalement dans nos comptes! Que dire, sinon que j'ai hâte d'y retourner lorsqu'ils seront bien sur les rails!
Nous y sommes allés avec la Clé Lausannoise, alléchés par la perspective de spécialités Anatoliennes. Samedi soir, 20h30 environ, restaurant presque vide, deux ou trois personnes qui boivent des verres. Une serveuse très gentille nous fait asseoir, puis nous amène le carte. On la regarde, des pizzas, des filets de perche... Je remercie chaleureusement l'iTaster qui a fait l'évaluation précédente, je l'avais lue, j'ai donc dit "On va demander !". On demande à la serveuse s'il n'y a pas des spécialités Anatoliennes, elle nous dit qu'elle va appeler le patron. Celui-ci vient presque tout de suite, très sympa, souriant. Il nous explique qu'il aura une carte plus étendue dans quelques semaines, mais qu'il a déjà quelques plats, et nous les décrit très bien et avec beaucoup de gentillesse. Nous avons commandé une grande salade Anatolienne (concombre, oignon, tomates, persil) en entrée. Ensuite nous avons pris deux fois l'agneau sur lit d'aubergines à l'ail et au yaourt (Kebap ali Nazik), absolument excellent, aubergines écrasées très aillées et très onctueuses et émincé d'agneau plein de goût, et deux fois du Guvec, plat composé de légumes (aubergines, poivrons, courgettes, champignons) et de cubes d'agneau cuits au four, délicieux aussi, bien assaisonné, agneau tendre, miam !
Le patron nous a gentiment proposé de nous servir en "ouvert" un vin turc en bouteille, ce que nous avons accepté (Yakut, 5dl).
La carte des desserts est hélas une carte des glaces. Là aussi nous avons dmandé s'il y avait des spécialités, la serveuse nous a dit qu'ils avaient seulement des petits baklavas, que nous avons commandés. Un tout petit baklava exquis par personne, mais rien à dire, on nous l'a offert !
Bref, vivement que la carte Anatolienne se développe, je reviens volontiers !
Avec en plus 2 cocas et 2 eaux minérales, ce repas aurait coûté 170.- sans la Clé.
Prendre les spécialités anatoliennes.
Petite info : Lors de la commande, sur la carte il était inscrit que les spécialités anatoliennes n'étaient pas encore disponibles, après demande à la serveuse, elle nous a envoyé le patron qui nous a expliqué dans les détails les 3 ou 4 plats anatoliens qu'il avait.