Voici une pilule fortement dosée de concentré de chic-urbain qui fait exploser en mille morceaux le vernis gris mat qui semble parfois recouvrir la ville de Lorient. La cuisine est ici d'un niveau très soutenu, à l'image de l'entrée en matière "gaufrettes de foie gras, navet et émulsion cacao" qui craque sous la dente avant d'exploser en bouche. Les produits locaux ne sont pas oubliés, comme cette "tomate de Groix, queue de boeuf et bouillon d'une daube inventive en diable et dont on ne se lasse pas de saucer les sucs au fond de l'assiette. Le "Lieu jaune rôti, automnale de champignons sauce artichauts, belota et noisettes grillées", déroute un petit peu par sa complexité et ses arômes dissonants. Il nelaissera en tous cas pas un souvenir impérissable. Mais avec une opiniâtreté toute bretonne, la cuisine sort ensuite un véritable OVNI pour le dessert : une tarte choco manjari avec une crème au marrons, un sorbet yuzu et un fabuleux ressort en cacao croustillant aussi surprenant que parfaitement à propos... Carte des vins succincte, Chassagne Montrachet Fontaine Gagnard à 90€, un choix discutable mais une bonne expérience. La facture vous rappelle avec joie que vous êtes bien à Lorient : 47 euros le menu entrée, plat, dessert. A ce niveau d'engagement, c'est une bonne affaire. Bravo, chef.
On ne changera pas le genre, toujours un peu théâtre de la vie locale... et donc forcément avec un petit côté raide et empesé... sourires polis et distance obligatoire, mais l'on sent une réelle passion et une gentillesse sincère... On aurait donc aimé partager plus de choses avec le chef, d'autant qu'il interagit toute la soirée avec la salle.... puisque c'est là que la cuisine se trouve !