J'avoue être plus proche du style de cuisine d'un Saturne que celui du Citrus - au demeurant excellent et au service adorable pour y avoir déjeuné la semaine dernière. Le service au Saturne est toujours aussi prévenant et même sur-prévenant (dans le bon sens - notre commande avait été oubliée).
Parlons nourriture : c'est toujours agréable de voir son client écarquiller les yeux à la première bouchée, marquée une pause, incliner la tête légèrement tout en lâchant la bouche pleine, "Oum c'est pon !". S'ensuit une très vive curiosité pour le plat suivant... "c'est vraiment très pon !". Pour achever le tout avec un dessert très attendu comme apothéose. A ce titre, mon client et moi avons eu de la chance car nous avons pu gouter les deux desserts (cf commande oubliée) : Oseille, Groseille, Chèvre (dessert 1), menthe, guigne, arlette (dessert 2). Mon préféré : le n°2, tout simplement fantastique.
L'entrée et le plat sont un festival - chaque ingrédient mérite une pause tant c'est savoureux. Pour commencer j'avais pris : le Tourteau de la côte d'émeraude, poireaux crayons, moules et chénopodes marins - Génial ! J'ai sensuite enchaîné avec : le Merlu de Ligneurs de St Jeand de luz, petits pois, pommes de terres au sarment de vignes - Fantastique.
Et comment ne pas oublier la traditionnelle madeleine maison donnée avec le café ! Miam
37 € le menu : je crie au génie ! Trois assiettes sublimes défilent devant mes yeux, tellement ébahis qu'en sortant, j'ai réservé pour le lendemain afin de voir si j'étais tombé sur un jour où le cuisinier était particulièrement inspiré, ou si, comme pour la semaine du goût, le fils spirituel et bistrottier de Robuchon et de Passard n'avait pas décidé de s'installer dans les cuisines.
Les assiettes sont nettes, précises, presques cinglantes, à la fois complexes mais parfaitement intelligibles. Elles parlent directement à votre coeur. Comme ces chipirons parfaitement cuits et accommodées " à la Passard" avec quantité de légumes, pousses et aromates tous poils qui ont l'air divers mais terminent dans une unité gustative parfaite : une sorte de magie. Ou encore ce cochon ibérique croustillant et tendre, à la chair moelleuse contrastant parfaitement avec le croustillant du dessus... Pour finir, fraises, sablé et glace au foin, digne d'un étoilé.
Le Saturne ? C'est le bistrot ultime, la cuisine gourmande de comptoir poussée à un nouveau paroxysme, un trait de génie dans la simplicité, et la preuve par l'exemple que la cuisine peut être jouissive sans être complexe.
Le meilleur deal du moment à Paris, car à 37€, vous risquez de passer plusieurs paires de Weston à arpenter le pavé avant de trouver un équivalent. Même mon camarade Alexandre à été obligé de mettre 17/20 à ce qui ne se réclame finalement... que du bistrot... C'est dire !!!
Enorme !
Araignée de mer, fèves, petits pois et lentilles noires... ce fut mon entrée. Dés la première bouchée on fait déjà la pause sur image pour savourer.
En plat, j'ai pris le jambon de porc basque Kintoa sur le grill légumes du jardin et feuille de moutarde...c'est l'association des sauces, jus et des légumes que j'ai préféré.
La suggestion de vin était parfaite: un St Aubin.
J'ai apprécié l’environnent faussement simple mais tout de même chaleureux, et le service impeccable où le moindre hochement de tête alerte discrètement les restaurateurs.
On doit s'y sentir bien le soir en amoureux. Il faut que j'en parle à Madame...