Voici une brasserie classe affaires, avec son joli comptoir, sa salle cosy chic et sa confortable petite terrasse chauffée qui ravira les fumeurs de havane, espèce relativement fréquente aux abords du parc Monceau. La carte reste passe-partout avec les classiques du genre brasserie présents en nombre. Au menu de ce dîner, la terrine maison à volonté, de très bonne facture, servie avec de très bon cornichons. Les portions sont pléthoriques : l'osso-bucco est servi dans une cocotte Staub qui suffirait à nourrir une petite famille et l'entrecôte de 400g faisait bien sa livre... Les desserts sont dans la même lignée, gargantuesques, avec une délicieuse crème caramel maison. La carte des vins permettra de fêter les grands et petits contrats, mais aussi d'étancher plus modestement sa soif avec une sélection de vins au verre, dont, ce soir, un excellent blanc de Corse et un Brouilly fort bien choisi. Le service est un vrai service de brasserie : efficace avec un rien de condescendance si votre trombine ne fait pas partie des habitués. Au final, c'est un bilan positif dans le genre brasserie-chic-roborative, pour une expérience gustative sans mauvaise surprise et une régularité de métronome.
Reste néanmoins que le Valois ne fait pas exception à une certaine vulgarité des prix pratiqués dans quartier, qui nous emmènent vite sur des additions de 60-70 euros par personne. On peut alors mégoter sur la qualité de l'entrecôte, bonne mais un peu nerveuse, traduisant une découpe imparfaite, ou du pain légèrement rassis (service du soir). D'autant que, à quelques pas de là, la cuisine de Jean-Marc Nollet chez Caïus, ou celle de Laurent Poitevin à l'Angle du Faubourg, restent des alternatives gastronomiques plus raffinées, à des prix comparables. Mais enfin les envies de brasserie, ça ne se contrôle pas !
Face au grand portail méridional du parc Monceau, la brasserie "le Valois" est le RDV des cabinets d'avocats du quartier de la plaine monceau et renoue avec la tradition chic des bistros du siècle passé. Un peu d'attente, y compris avec réservations, et le service du midi est survolté, la salle bondée, les canapés de moleskine rouge égayés par de hauts-talons et les jupes-tailleurs de lawyers féminines de l'ouest parisien. Carte classique et maitrisée sur les vins avec de belles quilles sur le Bordelais (Sociando-Mallet, Lynch-Bages,...) et la Bourgogne, et une habile sélection de vins au verre (7 choix en rouge dont un Gassac très plaisant). Oeufs mayonnaise de compétition (3 oeufs), fermeté et onctuosité pour la mayonnaise témoignant d'un coup de fourchette aguerri. "Foie de veau de Lozère, vinaigre balsamique, purée tradition", présentant une pièce de viande généreuse, à la qualité irréprochable. La purée, maitre-étalon des brasseries, utilise un tubercule sucré et accompagne dignement cette belle assiette. En somme, une halte agréable, avec une assiette de grande régularité pour un déjeuner d'affaires rapide et sans mauvaise surprise.