Michael Franks est un chanteur/auteur-compositeur américain né en 1944, à La Jolla, au nord de San Diego, quasiment inconnu en Europe, un fin mélodiste qui a l'intelligence de s'entourer d'immenses musiciens, généralement des jazzmen, et est à recommander aux fans de Steely Dan. Une voix veloutée à faire fondre l'iceberg le plus au nord du pôle, des musiciens triés sur le volet (Larry Carlton, Joe Sample, Patti Austin, Brenda Russell, Art Garfunkel, et David Sanborn entre autres), un producteur exceptionnel, pour une musique bossa jazz, smooth jazz, toute en douceur et raffinement. Je n'écoute quasiment jamais de jazz, je ne sais pas ce qui en ce milieu des années 70 était le must de ce style, mais une chose est sure, une écoute et vous êtiez imprégné et convertit à vie. Pour les anglophones, les textes du monsieur sont du niveau de la musique, humour, tendresse, nostalgie, poésie, tristesse, et resteront ainsi tout au long de sa carrière. En 1978, je me rappelle de « Burchfield Nines », qui inclut la chanson « When the Cookie Jar is Empty », reflète par son style East Coast. Ce disque fut un éternel voyage, donnait l’envie de partir.. le farniente, le soleil... Ce fut pour moi une tranche de vie… Malgré mon « décrochage » fin des années 80, impossible de faire mieux depuis plus de 25 ans…
Mais que viennent faire de tels commentaires dans une évaluation de restaurant ? Bonne question ! Quelques secondes…la réponse arrive…
Michael avait 66 ans hier soir et ô miracle…jouait en ville…dans sa ville ! Dans un lieu absolument incroyable appelé Anthology, « Fine Tuned Music & Cuisine ». Un concept innovateur associant la musique à la gastronomie ! Une salle de concert sur plusieurs niveaux, des tables, une cuisine californienne de haut vol, un mariage parfait. Le premier niveau comporte un bar et une place lounge, le bas une salle de restaurant. C’est magnifique, classe, l’architecture moderne permet de voir la scène de partout, les tables sont savamment arrangées pour apprécier cuisine et musique.
Todd Allison, le chef de ce restaurant depuis juillet 2010 a un long parcours parmi les plus belles tables Californiennes. Après avoir passé son enfance sur les plages de Coronado, il déménagea plus tard à Scottsdale en Arizona pour poursuivre ses études dans l’école culinaire « Le Cordon Bleu ». Parallèlement à ses études, il travailla chez Mary Elaine's at The Phonecian Resort and Spa ou il gagna plusieurs récompenses incluant le “Mobile 5-Star*, « Triple A 5-Diamond » ainsi que le prix bien connu du « Grand Wine Spectator ». Après cela il travailla dans divers établissements renommés avant d’atterrir à San Diego à l’Anthology.
La carte est courte mais intelligente. Des entrées telles qu’un tartare de thon au basilic, menthe, fenouil avec un pesto citron et pistache, entouré dans une feuille de riz, parfumé et délicat. Des moules à la vapeur au chorizo espagnol, poivrons shishito et des crostinis. Une salade de poires d’Asie à la roquette au bleu de Balbeon, canneberges et pesto à la pistache. Mes calamars de basse Californie croustillants sauce aïoli étaient parfaits, moelleux, finement tranchés, légèrement frits,
En plats principaux, du loup poêlé aux aubergines japonaises, artichauts, oignons fane, et sauce Chimichurri. Du John Dorry aux crevettes de roches, moules, clams, et tomates dans un bouillon safrané. Une poitrine de canard de la ferme des feuilles d’érable, poêlé, accompagné de squash kabosha caramélisés, navets et déglaçage au porto. Des travers de porc grillés, aux broccolini, pâtes orzo crème, persimmon grillé et échalotes confites.
Très belle carte de vins, mais chère, avec possibilité de prendre au verre.
Le service est délicat, rapide, discret, et n’entrave pas au bon déroulement du concert. Le repas se fait en harmonie avec le spectacle. Ce fut un moment d’extase ou presque tous les sens furent mis en émoi…Vue, ouïe, gout et odorat.. Magique !