Rares sont les cuisines de femmes, faut-il le souligner, et encore plus une femme de surcroit danoise qui peut s’enorgueillir d’être considérée comme étant un grand « espoir » de la cuisine française. Récemment établie dans un joli petit village aux ruelles bien étroites, prêt du Pont du Gard, elle s’est établie dans une maison de maitre datant des XVII/XVIII siècles, juste en face d’une tour avec une horloge. Une maison qui par la suite devint une école, et qui maintenant propose quatre magnifiques chambres d’hôtes, dans un décor épuré, mélangeant un coté évidement local mais aussi quelques influences scandinaves du passé. Une ambiance épurée et romantique. Les marches des escaliers sont creusées, les plafonds de la salle à manger sont style directoire et voutés.
Lisa Muncan, ou Lisa M….a une particularité en ce qui concerne sa cuisine. Ses menus changent quotidiennement en fonction des produits disponibles au marché. Pas de menus décidés d’avance, et tout peu changer à la dernière seconde! Ce n’est vers que 19 :30 qu’elle se décide à rédiger son menu ! Sa cuisine est donc intuitive, naturelle et réalisée avec des produits bio. Ici, le mot « moléculaire » n’est pas de rigueur.
Mais cela reste des principes de base et maintenant il faut réellement en apprécier sa réalisation. Le menu proposé simplement imprimé sur une feuille de papier propose un certain nombre de plats qui ne sont que des noms d’ingrédients assemblés. Tout démarre par « amuse-bouche », quelques cubes de saumon fumé délicatement déposé sur un fromage blanc battu et recouvert d’herbettes dont de l’aneth. Une assiette à l’apparence tout à fait scandinave. Comme entrée, un « thon rouge et gambas royale aux agrumes ». Trois petits plats entre lesquels il n’y a malheureusement aucune histoire… Un inintéressant sashimi de thon arrosé de sauce soja, un tartare de crevettes incorporé dans un fromage blanc battu et un bol de sauce parfumée au citron et à l’orange. Comment déguster cela ? En série assurément…mais quel est l’intérêt ? Très étrange comme assemblage qui dénote peut-être une précipitation de dernière minute. Le plat suivant intitulé « quasi de veau de lait crème de petit pois » est plus goûteux, le veau est d’une cuisson parfaite mais tiède…mais la crème est parfaite, relève la saveur de cette viande. En enchainement, des « nouilles de riz, légumes de printemps et foie gras poché ». Un bouillon assez proche d’une soupe thaï appelée Tom Yum Kung, aux saveurs plutôt asiatiques dans lequel se trouvaient perdus quelques morceau de foie. Une erreur de suite de plats, celui-ci ressemblant plutôt à une entrée qui finalement ne présentait qu’un intérêt mitigé. Un assortiment de fromage, un « pré-dessert » composé d’une sucette de chocolat sur des fraises gariguette, sans grand intérêt non plus. Le dessert principal, une succession de verrines de rhubarbe, citron vert et chocolat. La également, pas de réelle coordination des saveurs.
Lisa M utilise les herbes et les fruits de manière constante et fusionnelle dans ses compositions, crée des plats en « pièces détachées » car tout est basé sur les concepts de bols et de verrines, mais l’on sent un manque de maturité dans « l’histoire » qu’elle semble nous conter. Grand espoir de demain ? Je dirais peut-être « après demain » et encore…
Le repas fut d’une longueur inacceptable, plus de trois heures trente passée à table. Clairement, cela ne suivait pas.
Il est assumé que tout le monde « aime » ces plats..et aucune question n’est posée si l’on subit une allergie quelconque, ou si l’on n’aime ou pas certains ingrédients.
Comme il s’agit d’un menu unique, on a un peu l’impression d’attendre que tout le monde soit servit avant de passer au plat suivant.
Quand on a la chance de se trouver au carrefour du Languedoc, de la Vallée du Rhône, de la Provence, on se doit d’avoir une belle carte de vin. Celle-ci est beaucoup trop limitée et très, trop chère. Dix sortes de flacons pour ces trois appellations en « rouge », avec 2/3 au delà de 50 euros me semble un peu être une arnaque.