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Blindekuh

Pub, Bistro, Brasserie
Mühlebachstrasse 148,8008 Zürich, Zurich, Suisse
Official website

" Eval en fraçais, vu le nombre de "confrères" iTasters francophones qui l'attendent. Liebe Sandra, ich werde es versuchen... "

Nina Z. (59535 Reputation Points)
Phone / Book

Information : Menu average price : 84 CHF
Closed: Saturday noon, Sunday noon

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Blindekuh

Eval en fraçais, vu le nombre de "confrères" iTasters francophones qui l'attendent. Liebe Sandra, ich werde es versuchen, die Bewertung zu übersetzen, wenn mir die Zeit dafür reicht. Sonst ist googletranslate eigentlich noch gut. ----- Sans doutes une expérience sensuelle – dans les sens des sens, littéralement. Avant qu’elle ne commence, l’introduction aux lieux qui se fait un peu comme à la caisse d’une piscine communale. Le “réglèment” nous est expliqué et nous nous empressons de le suivre aussitôt. C’est à dire: nous enfermons tous nos objets dans un casier qui se ferme à clef, moyennant l’introduction d’une pièce de chf 2 (voilà l’effect piscine communale). Et par tout, on entend tout ce qui pourrait gêner ou émettre de la lumière dans le noir absolu: natel, montres, porte-monnaie, sac à main, vestes, etc.. Ensuite nous prenons notre temps pour étudier la carte (pas énorme) qui est projetée sur le mur près de la réception. Trois entrées (salade, épinards avec crevettes à la vinaigrette à la mangue ou mélange d’antipasti), trois plats principaux (émincé de boeuf stroganoff avec tagliatelle, poisson avec riz ou gratin de pommes de terre et aubergines). Même chose pour les desserts: une variation de desserts, gâteau fondant au chocolat ou choix de sorbets. La réceptionniste s’y connaît et répond à tous les “quels sont les antipastis" (réponse vague), "est-ce que l’on peut faire des modifications" (oui), "le poisson est-il sans peau (oui)”. Pour les vins, même exercice: pas un choix énorme mais on a trouvé de quoi nous faire plaisir. Un Blauburgunder de Jenins (GR), un vin que nous connaissons déjà et donc pensions pouvoir reconnaître rien qu’à son goût. Après avoir mémorisé nos choix, on attend que l’on vienne nous chercher pour nous accompagner à notre table. Cette attente a duré une bonne dizaine de minutes passées à répéter les plats choisis pour ne les oublier au moment de passer la commande. Enfin Rita vient nous chercher. De suite elle se présente par son prénom et nous explique le déroulement de la soirée. Elle décrit la configuration de la salle, nous indique que nous sommes assis au bout d’une table pour 8, qu’elle va nous aider à nous asseoir et ensuite entamer le service. Et, chose importante, en cas de besoin nous n’avons qu’à l’appeler dans le noir et, telle une fée, elle va arriver près de notre table à notre écoute. Je souligne écoute car c’est bien le sens qui est le plus utilisé dès que l’on entre dans le noir de la salle et c’est le sens avec lequel la plus grande partie du repas est dirigé. Rita, par exemple, s’oriente dans le noir grâce à son ouï. Nous, on a essayé de trouver des répères en devinant combien de convives il y avait dans la salle, à quelle distance ils étaient placés de nous. Une fois assis, l’expérience commence pour de vrai. Nous sommes assis, vraisemblablement l’un en face de l’autre, dans le noir noir. Même pas un lueur. Rien. Je tâte autour de moi, en suivant le périmètre de mon set de table, pour confirmer que tout se trouve bien là où Rita l’a indiqué. Je devine que la chaîse pourrait être une de ces chaîses que l’on trouve facilement dans une école. Une structure en bois et metal assez simple. Je sens que la table n’est pas trop grande et me demande comment cela va se passer avec bouteilles et tout le tralalala que nous avons l’habitude de passer d’un bout à l’autre. Rita revient avec l'amuse-bouche. Des crostini avec un fromage frais aux herbes. Ou bien une mousse de thon? Car j’aurais dit le premier pour le goût, alors que Phil a pensé qu’il pourrait s’agir de l’autre, en raison de la texture. Tout d’abord, ce sont les boissons qui sont servies. Rita nous remplit les verres une première fois et explique où elle pose carafe et bouteille. C’est un peu comme à l’auto-école: faut savoir faire la différence entre droite et gauche ainsi que “ma droite” et “ma gauche”. Au moment de re-remplir les verres, je me propose de le faire (moins de risques de débordements, paraît-il) en sentant avec mon doight plongé dans le verre quand arrêter de verser. Très sûre d’avoir trouvé le truc infaillibe, je répète le geste avec le verre à Phil. Et m’aperçois que, au deuxième verre, la bouteille était déjà vide. Heureusement que Phil a pris une gorgée et s'empresse de me dire que j’avais presque atteint le bord avant que je n’appelle Rita pour lui demander si l’on s’était faits avoir avec une bouteille déjà à moitié vide? Arrivent les entrées. Phil, avec sa salade mêlée, avait comme seul souci celui de ne pas gicler la sauce partout. J’entendais que sa fourchette et son couteau (couper la salade, un sacrilège!) étaient bien occupés pour réussir dans le défi. Moi, j’ai vite regretté mon mélange d’antipasti. D’un côté parce que je ne savais guère ce qu’il y avait dans l’assiette. J’aurais pu demander plus de détails à la réceptionniste ou à Rita mais je voulais découvrir par moi-même. Ma première tentative de saisir quelque chose avec ma fourchette s’est soldée par un non lieu. Idem la deuxième, alors que j’étais certaine d’avoir heurté quelque chose de rond et pas trop dur. Il n’y eût pas de troisième tentative avec la fourchette car c’est avec mes index que j’ai commencé à chercher. À gauche, à droite, au centre et certainement aussi dans toutes autres directions possibles. Ceci pour trouver que j’avais certainement un mélange d’antipasti assez classique devant moi: légumes grillés (aubergine), fromage, câpres, des bouts de charcuterie que je n’ai pas mangé (trop peur qu’il s’agisse de langue sechée), du saumon fumé, des petits poivrons farcis de fromage frais. Tout était bon, délicieux même. Mon regret aura été que je mangeais dans n’importe quel ordre, combinaison et quantité. À l’aveugle, quoi. Envie d’un bout de saumon? J’ai attrapé l’aubergine. Envie de re-manger du fromage? Pourtant certaine d’être allée le rechercher là où il était avant, ce sont des câpres qui se pointent. Là, je m’arrête car le plat principal s’est déroulé de façon similaire. Nous avons pu remplacer les tagliatelle avec le riz mais de nouveau, impossible de déterminer si nous voulions manger de la viande, du riz, les deux… impossible de doser la sauce du stroganoff. Comme je n’avais plus de place pour mon dessert, j’ai demandé à Phil de renoncer au sien. L’idée de passer encore une demie-heure dans le noir sans rien manger ne me plaisait pas trop. J’ai commencé à trouver le temps long. On a appelé Rita et rapidement elle nous a escortés vers la lumière de la réception où nous avons payé. Une expérience sans doutes très intéressante, plus pour les sensations que pour la nourriture (bien que c’était assez bon). J’ai beaucoup aimé le fait que une fois livrés à nous-mêmes dans le noir, la soirée à pris un rythme très naturel. Autant nous que nos voisins de tables nous menions une conversations sans s’interrompre les uns les autres. L’ouïe plus que le goût et le tact était pour moi le sens le plus sollicité. Car si je me contentais du doute entre le fromage et la mousse de thon, pas question d’ignorer le passage du personnel de service, le rire de Phil à mon gag et tout ce qui se passait autrement dans le noir. Je pense que tous les clients du Blindekuh réflechissent à leur chance du fait d’avoir la vue en sortant de la salle à manger. Ce fut notre cas. Je ne crois pas que nous allons répéter cette expérience par nous-mêmes. Peut-être pour accompagner quelqu’un qui ne connaît pas mais une fois que l’on a vu, on n’est pas pressés de se retrouver dans le noir absolu. C'est par contre une expérience que je recommanderais sans autres.

 I am the restaurant owner and I want to answer to my clients

Blindekuh

Alors que je lisais les évaluation d'aujourd'hui, je suis tombée sur une phrase qui m'a rappelé le Blindekuh: "réserver longtemps à l'avance". Du coup, j'ai eu envie de raconter une expérience que j'ai vécue il y a quelques années et qui m'a beaucoup touchée. J'étais de passage à Zurich pour le travail avec deux autres personnes de Genève, et un collègue zurichois nous a parlé de ce restaurant, en mentionnant qu'il fallait compter plusieurs mois pour une réservation. J'ai demandé à mes deux amis s'ils étaient intéressés, puis sans me démonter j'ai téléphoné pour réserver une table pour le soir même. J'ai utilisé mon pire Hochdeutsch (je n'ai pas vraiment eu besoin de me forcer) avec mon pire accent français en leur expliquant que j'étais de passage, qu'il m'était impossible de prévoir à l'avance mes séjours à Zurich, blah, blah, blah. La personne au bout du fil ne m'a posé qu'une seule question: "quel est votre numéro postal?" et quand elle a entendu que je lui donnais sans la moindre hésitation un numéro de Genève, elle a compris que j'étais sincère et nous avons eu notre table pour le soir même. Nos collègues zurichois en sont restés bouche bée, ont parlé d'injustice flagrante, etc... et nous sommes partis en riant comme des bossus. Nous voilà donc les trois rigolards romands (dont aucun ne parlait suisse allemand) ce soir-là à l'entrée de ce restaurant. La première pièce était bien éclairée et composée d'une sorte de réception avec des chaises et des casiers fermés à clé. La personne derrière la réception nous a expliqué (en allemand) que nous devions laisser nos sacs (pour empêcher qu'ils soient volés), nos montres et nos portables (pour empêcher la moindre des lueurs à l'intérieur de la salle) dans les casiers, puis que nous devions choisir notre menu. Nous avons vaguement saisi les mots Fleisch oder Fisch. A tout hasard, nous avons dit Fisch qui ressemblait à Fish en anglais. Nous avons payé, laissé toutes nos affaires dans un casier et attendu. Au bout de 10 minutes, une aveugle est venue vers nous et nous a expliqué plein de choses en suisse-allemand. Evidemment, à défaut de voir nos têtes effarées, elle a saisi à notre silence éloquent que quelque chose clochait. Elle s'est alors approchée de mon amie, lui a pris les mains, les a posées sur ses épaules et nous a fait comprendre que nous devions faire de même. Nous nous sommes ainsi retrouvés à la queue leu-leu et nous sommes entrés dans un sas en forme de fer à cheval fermé à ses deux extrémités par un lourd rideau noir. En quelques secondes, nous sommes entrés dans le monde des aveugles. Notre guide nous a conduits l'un après l'autre à nos chaises et nous nous sommes assis. Nous n'avions aucune idée de la grandeur de la salle ou de notre table, du nombre de convives, rien. Mes deux amis étaient en face de moi, l'un à côté de l'autre, donc j'ai vaguement tendu la main vers la droite et ai touché... quelqu'un. Situation super gênante, je me suis excusée en anglais et le gars à côté a rigolé et m'a dit que je pouvais continuer. Bon, au moins, les voisins étaient sympas. L'aveugle est venue ensuite vers chacun de nous et nous a fait toucher les verres (trois à texture ou forme différentes) en les nommant (wasser, rot, weiss), puis nous a posé les mains sur la fourchette, le couteau et la serviette. Puis elle est partie. C'est à ce moment que nous avons compris que notre expérience allait peut-être être plus importante que nous ne l'avions prévue. En effet, les difficultés ont commencé dès le départ. Notre serveuse nous a apporté une bouteille d'eau. Bien, bonne idée, mais comment se sert-on lorsqu'on ne voit pas le verre, lorsque l'on voit pas s'il est rempli ou non? Nous avons reçu des amuse-gueules à partager, mais comment les trouve-t-on sur la table? Très vite, on comprend les gestes à faire et à ne pas faire, on comprend comment trouver quelque chose sur la table sans tout renverser. N'empêche... Lorsque la nourriture est arrivée, ce fut encore pire. Il y avait des petits pois. Déjà qu'ils sont vicieux lorsqu'on a toute sa vision, des petits pois aveugles c'est pire que tout! Ca roule, ça glisse, ça s'échappe, bref j'ai laissé tombé (au propre comme au figuré). Le riz! Ah le riz... toute une histoire: on croit qu'on l'a saisi et on se retrouve avec une fourchette vide à l'arrivée. Quant au poisson... Bref, j'ai certainement dû massacrer mon assiette comme jamais je ne me le serais permise si j'avais été voyante. Dans un sens, heureusement, je ne l'ai pas vue lorsqu'on est venue la chercher. En l'espace d'un repas, on comprend un peu des difficultés quotidiennes que vivent les aveugles. Pour nous, ce ne fut que le temps d'un dîner. Pour eux, c'est à vie. Mis à part ça, il y a eu des moments de fous rires. Lorsque mon amie a senti le besoin de calmer son angoisse et de me prendre la main. Sauf que ce n'était pas ma main, mais celle de mon voisin... Lorsque notre troisième compère a piqué en douce ma fourchette... Lorsque je me suis subitement tue et que mes deux compagnons ont cru que j'avais disparu... Bref, la gravité du moment ne nous a en rien empêchés de nous comporter comme des gamins. Lorsque nous sommes sortis de ce dîner, nous rigolions moins qu'à l'arrivée et je n'ai jamais été si reconnaissante d'avoir toute ma vue. Tout m'a paru éblouissant et beau. La conclusion de ce dîner fut que c'est une expérience à faire une fois, si l'on est intéressé par ce que peuvent vivre les aveugles. Par contre, il ne faut pas y aller si l'on est un fin gastronome ou si l'on est un fervent de l'élégance et des bonnes manières à table... Je mets le maximum à la décoration, car tout était noir et c'est en soi exceptionnel. Je ne me souviens ni de la qualité des vins, ni du prix payé. Je mets correct au service, car j'ai un vague souvenir que notre serveuse n'était pas particulièrement sympathique, mais il y avait le barrage de la langue. Elle nous a par contre bien aidés.

Blindekuh

Ich kann es mich gut vorstellen dass das ein Rätsel ist aber die Blinde Kuh ist praktisch immer voll.

Blindekuh

Pour rappel, il s’agit d’un repas dans le noir le plus total. Comment noter ce genre d’expérience ? La nourriture était correcte, mais ce n’est qu’une partie de l’expérience. C’est très déstabilisant de ne pas voir ce que l’on mange ni ce que l’on boit mais c’est une expérience à faire une fois. On restaurant dont on se souvient mais pas forcement un restaurant ou l’on retourne !

Tous les inconvénients de manger dans le noir …

Blindekuh

Blindekuh est une expérience totalement unique. Restaurant ou l'on est dans le noir total du début à la fin du diner afin de se rendre compte ce que c'est d'etre aveugle. Menu relativement simplifié notamment en terme de choix mais nourriture de bonne qualité. Service vraiment sympathique. On ne va pas à ce restaurant pour la qualité de la nourriture mais pour cette expérience tout à fait spéciale. Si l'on va avec un groupe d'amis, ambiance assurée.

Il faut réserver extremement longtemps à l'avance

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