La rue des Bouchers est probablement l’endroit à Bruxelles le moins fréquentable en ce qui concerne la restauration. Encore un autre endroit attrape-touriste ou tous les 5 mètres on vous tend une carte, on vous incite à passer à table dans une des gargottes moule-frite ou pizzeria. Cependant, au milieu de la rue se trouve un de mes coups de cœur depuis de nombreuses années. Aux Armes de Bruxelles existe depuis plusieurs décennies et il s’agit une très belle table classique et presque mythique, fréquentée par les Bruxellois et qui peut se vanter de faire partie de l’histoire gastronomique Bruxelloise.
Cette brasserie était à l’origine une taverne, où s’arrêtaient les cochers d’un relais de poste voisin. Le cuisinier Calixte Veulemans en 1921 la rachète et la façonne, sans le savoir, une institution. C’est ici que l’on inventa la manière de servir les moules à table en casseroles individuelles fortement appréciées par un habitué nommé Léopold II et que l’on créa, plus tard, la recette des « moules à l’escargot »… On y maintient également les meilleures traditions tel que l’américain-frites (un vrais et délicieux tartare haché au couteau avec des frites inégalables), la carbonnade à la gueuze (merveilleuse bière un peu acidulée), le waterzooï de poularde, la potée bruxelloise (ou stoemp), de magnifiques poissons tel que la sole et plein d’autres mets moins fréquents tels que les anguilles au vert, et les incroyables croquettes de crevettes grises, dans une ambiance perpétuellement joyeuse.
Depuis cette époque, Aux Armes de Bruxelles s’est agrandi, en plusieurs pièces dont la moins sensationnelle n’est pas, il s’en faut, celle aux boiseries et vitraux. Dans ce cadre cossu, observer les familles ou des vieux couples se délecter des plats est un grand bonheur. Ce restaurant est une véritable institution !
Et ces moules de Zélande (à manger en saison et ne seront pas proposées à cette période contrairement aux autres tristes établissements de la rue qui s’approvisionnent en Italie et ailleurs…), elles sont préparées ici en deux temps : la préparation de la sauce, et la cuisson des moules elles-mêmes, et ensuite l’incorporation de la sauce dans la casserole. Incontournable ! Mais la où il faut vraiment se délecter c’est avec les croquettes de crevettes grises.. Celles-ci sont aux belges ce que la madeleine est à Proust: un retour à l'enfance, et aux vacances passées sur "la côte "… et Aux Armes de Bruxelles, la recette est gardée secrète depuis plusieurs générations ! En quelques mots, un mélange de crevettes, farine, beurre, emmental, fumet de poisson, crème, œuf, et chapelure, le tout en boule et passé à la friture. Jamais grasses, fondantes, un parfait équilibre en bouche entre le gout du crustacé et la pate moelleuse et parfumée, accompagnées de persil croustillant frit.
Le service est de qualité et avenant dans ce lieu indémodable et qui reste à Bruxelles une référence en la matière. Une bonne adresse avec réservation recommandée pour qui aime à réviser ses classiques !
L'amabilité du serveur, les croquettes aux crevettes, le steak au poivre..... (voir décevant)
Quelques petites erreurs de service, le steak au poivre servi bien cuit alors que commandé saignant et le Pomerol 2004 commandé est arrivé en millésime 2006.
Le tout fut rattrapé par l'amabilité du serveur qui a rapidement remplacé la viande et proposé une meilleure bouteille au même prix.