Ma première rencontre avec la Falaise a été…extrêmement frustrante, cela démarrait bizarrement entre nous…anosmique pendant 4 jours (ça commence à faire long) au début de nos vacances dans le Tarn, à cause d’une inflammation quelque part dans mon nez, j’ai pu constater à quel point manger sans rien sentir est triste. Je comprends maintenant que lorsque c’est définitif, on puisse commencer par faire une dépression, avant d’apprendre à vivre autrement.
D’ailleurs, David était aussi frustré que moi, car il ne pouvait ni partager ses impressions, ni discuter sur tel ou tel arôme ou plat, mais il s’est régalé et a été conquis dès le 1er soir, avec son menu à 31 €.
Heureusement, une visite chez le médecin a fait des miracles sur mon odorat, et nous avons eu le temps de retourner déjeuner sur la jolie terrasse abritée du vent, de la Falaise.
Une chose que je n’ai quand même pas manquée, dès la 1ère fois, est l’accueil extraordinaire de Joël, en salle et terrasse. Prévenant, gentil, pince-sans-rire, discret, voire poète, il fait beaucoup pour l’ambiance du lieu. On se sent tout de suite à l’aise, alors que ce restaurant étoilé depuis 2 ans pourrait intimider, de par les menus à 46€ et 57€ (pour le menu où vous trouverez tous les plats de la carte réunis…la carte n’étant pas bien longue).
Un sans-faute donc, pour ces 2 visites. Je vais plutôt vous parler de la formule déjeuner à 20 €, avec les plats du jour. Un filet de merluchon tendre et en même temps grillé avec une sauce aux agrumes. Un filet de magret de canard croustillant entourant du foie gras et un cheese-cake faisant honneur à son nom, car avec un fromage bien gras et sûrement pas du fromage blanc allégé, accompagné d’une petite salade de pomelos mûrs, surmontés d’une chantilly au citron. Le café est excellent, mais cela a un prix….3,5€, quand même.
Le chef, Guillaume Salvan maitrise véritablement bien les cuissons, spécialiste des cuissons lentes « réveillées » par une cuisson saisie comme au barbecue, association de croquant avec le tendre qui nous a beaucoup plu.
Joël nous a parlé de tous les producteurs de la carte, que ce soit des vins, de la viande, du poisson ou encore des asperges. Provenance contrôlée, et goût manifeste du chef pour le bio et les filières courtes…locavore, comme on dit aujourd’hui, la plupart des producteurs se trouvant à un jet de pierre de la Falaise.
Le vin choisi était de chez Bernard Plageoles, viticulteur dont on a entendu parler tous les jours pendant notre séjour, vraisemblablement le grand sauveur des vins de Gaillac. Un Mauzac vert chaudement recommandé par Joël, aux accents de pomme verte et d’anis dont on a pu emporter la bouteille pas terminée. A notre grand regret, son exploitation était fermée lors de notre passage, mais on ira le voir lors de notre prochaine visite dans le Gaillacois.