Un grand avantage de la Corse c’est que la mer et la montagne sont intimement mêlés.
Après avoir déjeuner d’une langouste dans un petit port du Cap à midi je me retrouve à Murato petit village accroché au dessus de Bastia, dans une montagne printanière qui sent bon la menthe sauvage et la myrte.
La Ferme, rien de très original dans le nom, mais sacrement unique dans la situation.
Je défis quiconque d’y aller sans des explications détaillées et précises, petit chemin de terre dissimulé dans un virage sur la route à la sortie de Murato. Une fois sur place 4x4 et grosses berlines prouvent que l’endroit est réputé et même recherché.
Réservation indispensable.
Petite maison de poupée en pierre apparente dont les pièces forment des successions de salles à manger privatives ou très intimistes (2 ou 3 tables maximum).
Ici pas de menu pas de carte, une succession de mets Corse exclusivement proposés par Eric le fils de la Patronne avec un humour pointu et entendu. Accueil avec muscat, frais et fruité au goût de raisin intense, grenadine pour les enfants. Puis le marathon est lancé : Soupe de légume pancetta, beignets au fromage corse, charcuterie corse, stroga preti (je ne garantie pas l’orthographe): traduction littéraire de « étouffe curé », ce sont des boulettes de blettes et de bruccio cuit au four avec un ragoût de veau, cote de veau corse de l’élevage de la ferme même, fromage de chèvre de brebis et fromage de brebis vieux battu (pas la brebis le fromage, tel est l’humour prévisible d’Eric) à l’eau de vie, qui pour les non initiés et les enfants n’est pas recommandable car c’est un vomitif hypothétique et pour terminer soufflet à la marmelade de clémentine et eau de vie.
Vin rouge blanc ou rosé à volonté.
On en ressort comme on peut et satisfait de se dire que le lendemain un bon bouillon de poule fera l’affaire.
Tout ça est bon et évidemment, vous l’aurez compris typique, le prix je ne le connais pas j’étais invité, merci mon fils.