Infos pratiques :
Belge, Cuisine française, Fusion, Cours de cuisine Nom du Chef: Sang-Hoon Degeimbre Prix moyen du menu: 132 € Plats Remarquables: Agneau de Bellac en croûte de céréales, Boudin de Lapereau aux Morilles, crème brulée au foie gras, Déclinaison de champignons, Déclinaisons de douceurs en chocolat, Ecrevisses
Fermé: Lundi, Samedi midi, Dimanche
Déjà pour les non amateurs ou les amateurs de cuisine traditionnelle il faut zapper rapido cette éval car il faut savoir que le Chef, le coréen Sang-hoon est le créateur de la food pairing- -antinomies alimentaires farfelues au primer abord mais fort heureuses au final- et qu'il se fait aider pour obtenir des saveurs inédites par un biochimiste ( Mr. B Lahousse ) pour marier les aliments qui selon Mr Degeimbre ont des affinités. Il est secondé en salle par sa charmante épouse la sympathique et de si bon conseil Carine.
Le décor est entièrement blanc et résolument design avec une seule touche de gris apporté par les chaises et l'espace et les volumes de la salle sont admirablement étudiés… l'endroit est en pleine campagne…faut vouloir y aller !
Nous n'avons pas pris le lunch rapide, hélas, affaires obligent.
De commun accord en entrée des St. Jacques daikon : les coquilles st jacques sont marinées toute la nuit dans un chimi. : Bouillon réalisé avec des poires de l'ail et des choux; cette eau fermente et donne au crustacés un goût inimitable. Le lendemain on poêle les st jacques marinées dans cette eau et le résultat, au palais, en est "bouleversifiant". Les coquillages sont accompagnés de mousses de légumes- asperges, fenouil etc.- qui ont fermenté elles même dans d'autres mélanges d'eau avec des herbe/fleurs inconnues de moi: la seule que j'ai retenue est la capucine tubéreuse.
Pour suivre un bar avec son voile de citron/ verveine et sa mousseline de brocolis à la Leffe – bière brune belge me dit mon client- et de carottes mariées à de la violette…comment vous dire avec des mots…une telle union peut sembler bizarroïde, mais une fois dans la bouche c'est le paradis. Tous les ingrédients se mélangent miraculeusement pour faire un effet : " c'est pas possible!" et on reste un peu à court d'adjectifs car cette cuisine ne ressemble a niente di niente de ce que j'ai goûté de par le passé: heaven!
Mon hôte a pris son plat favori- sa 4e visite!- a savoir un agneau de Bellac- qui a mariné longuement dans un liquide fait de réglisses fondues, d'anis étoilé et de poivre gochujang. La viande est accompagnée de mini poireaux et minuscules pommes de terres fumées dont je ne peux faire le commentaire précis: je peux seulement dire que j'ai pris la liberté de demander à goûter une pointe de fourchette et je rêve de retourner pour prendre ce plat en entier et passer une heure à le déguster à lui tout seul…car une seule bouchée m'a permis de bien saisir la perfection de la musique culinaire qui se trouvait dans l'assiette.
Pour la fin de l'opéra un " jardin Aromatique": mangue, framboise, émulsion de coing et son sorbet de glace kiwi marié avec du citron vert et des petits biscuits à la coriandre. Tout cela accompagné d'une coupelle de gelée de fleurs de sureau … ce dessert pourrait s'appeler "jardin paradisiaque " sans que ne n'y vois aucun inconvénient tellement on est y est lorsque l'on goûte à la chose.
Tout y est servi dans des bols- ou des assiettes avec un rebord rappelant l'idée du bol -qui est un clin d'oeil à la cuisine coréenne dont le chef est originaire. La présentation est aussi minutieuse qu'une chorégraphie – d'ailleurs en voyant les plats arriver " symphonie" est le mot qui s'est imposé à mon esprit- et avec une perfection dans le détail et les couleurs totalement"impressionniste".
J'aurai bien voulu donner encore plus de détails sur tous les ingrédients que la très charmante Carine- passionnée par son job- nous a énumérés mais je n'ai pas le talent du détail et la connaissance des produits exotiques de certains Itasters…dommage! D'autre part business lunch oblige je me voyais mal prendre des notes devant mon client.
Une ½ bouteille de Rully et une autre de St. Joseph ont accompagne ce repas.
Nous avons eu le plaisir et "l'immensissime" honneur de pouvoir serrer la main de Mr Degeimbre- jovial et avec un humour renversant: preuve qu'on peut faire un travail admirable et parler de son artisanat sans se prendre au sérieux!- et ,vous aller trouver cela idiot, mais à ce moment là j'ai ressenti " "l'indispensable émotion" dont un I taster de renom à parlé dans une éval .On a toujours une sensation semblable lorsqu'on touche la main d'un grand artiste quel que soit sa discipline… et là, pour moi, c'est est un: le mariage des goûts, l'inventivité, originalité et la présentation des plats –un chef d'œuvre qui pourrait s'accoler au mot peinture- en sont une preuve irréfutable.
P.S je me demande quand la troisième étoile va s'accoler à son nom. Et, pour ma modeste part, j'approuve totalement son 18/ 20 au G&M
une aventure culinaire exceptionnelle ! de découvertes en découvertes, un voyage de saveurs, textures, mélange, parfum, le chef inspiré par ses origines asiatiques nous emporte avec de subtiles touches d épices et aromates ... sa simplicité et humilité renforcent encore plus ce moment magique.
L’Air du Temps... Ou comment au milieu des champs, un chef nommé Sang-Hoon Degeimbre bouscule les belles certitudes régionales et rapatrie tous les terroirs du monde pour inventer une nouvelle cuisine en repoussant les frontières du goût.
Un moment d'exception, mets inattendus, cuisine contemporaine, hypercréativité, esthétisme absolu, technique maîtrisé, produits haute qualité, extrême sympathie et accessibilité du chef, excellent service, sommelier est une perle, cuisine émotionnellement réactive, découverte de textures inédites.
On ne peut y manger (ou se permettre) tous les jours