Infos pratiques :
Restaurant d'hôtel, Cuisine française, Brunch, Vente à l'emporter Nom du Chef: J.Michel Lorain Prix moyen du menu: 222 € Plats Remarquables: Côtelettes d'agneau, épaule, Foie gras poêlé, Fondant au chocolat, Gâteau au chocolat, Glace au chocolat
Fermé: Lundi midi, Mardi midi
Un accueil absolument parfait qui nous a tout de suite mis à l'aise. Notre chambre était spacieuse avec une vue superbe sur l'Yonne. Du champagne nous a été apporté en chambre. Nous avons ensuite bénéficié d'un rituel japonais au spa accompagné de pâtisseries qui laissaient présager un repas magnifique.
Et nous n'avons pas été déçus. L'apéritif a été pris près de la cheminée et servi avec une palette d'amuses-bouches. Nous avons été ensuite accompagnés à notre table. La suite de notre soirée ne fut qu'une succession de plaisirs et de découverte de mélanges originaux et de produits de saison.
Je ne ferais pas une description détaillée de tout les plats mais nous avons pû déguster du fois gras, de la raie, du homard, du pigeon. Les cuissons étaient magnifiquement réalisées, notamment celle du pigeon.
Nous avons vraiment adoré notre séjour. Le personnel est très attentifs, chaleureux sans être amical. Le décor ne nous a pas choqué par sa vétusté mais il n'est pas non plus à la pointe de la mode et cela permet de convenir aux goûts de chacun.
Je ne peux pas indiquer de prix pour le repas car il faisait parti d'un forfait.
La maison de Jean-Michel Lorain invite à goûter le charme discret de la bourgeoisie de province. On y perçoit en effet assez distinctement que cette bâtisse sert, depuis des générations, de théâtre privilégié à la célébration des événements marquants de la vie des élites locales. On pourrait alors craindre que ce côté statutaire ne soit le reflet d'un entre-soi pénible, entre gens pétris de l'ingrate certitude d'avoir bien mérité les bienfaits que leur distillent les fées de la destinée. Tout cela laisserait présager une soirée lourde et empesée. Ce serait sans compter sur les talents de prestidigitateur du maître qui se trouve derrière le piano.
Car la cuisine de Jean-Michel Lorain parvient à réunir finesse, originalité, légèreté et classicisme dans une osmose qui ne tombe jamais dans le banal. Bien d'autres, qui se sont essayés à rechercher cet équilibre, ont versé dans le vulgaire avant de finir dans l'oubli.
La démonstration commence par un foie gras cuite au torchon, taboulé de boulgour aux dattes, petites salades et crème aigrelette (60€) qui nous permet de nous rappeler ce qu'est vraiment un foie gras, suave, frais, à la bonne odeur caractéristique, terriblement attirante. Les bonbons croustillants de petits gris au beurre d'escargot virtuel (52€), craquent agréablement sous la dent grâce à l'emploi de cheveux d'anges...
Ensuite, le filet de pigeon et foie gras poêlé, asperges, morilles fraîches et jus à la sauge (68€), ou l'agneau de lait des Pyrénées en croute de noix, navets dans l'esprit d'une choucroute, émulsion de pomme de terre, jus de genièvre (70€) ou bien encore les noix de ris de veau au gingembre, petits oignons, rhubarbe et radis roses (65€) mettent à l'honneur des produits triés sur le volet et des cuissons parfaitement justes, avec des associations intelligentes et consensuelles, flattant la gourmandise autant que l'oeil.
Les desserts justifient parfaitement la réputation de haute volée de la maison, comme la tarte caramel, fruits de la passion, chantilly à la citronnelle et glace vanille (25€), le palet or chocolat noisette au riz soufflé caramélisé granité au café (25€) ou bien les brochettes de manques et d'ananas au piment, granité, crème légère au fromage blanc et citron vert (25€). Finesse, originalité, le repas se termine sur une note bluffante.
Le service est pléthorique, rapide, souriant et discret, et le sommelier saura vous guider dans une cave bourguignonne assez synthétique, multipliée en moyenne par 2,5-3,0x, mais où chacun trouvera "bouteille à son verre". La note peut vite grimper, et après avoir hésité sur un Beaune, notre humeur festive nous a finalement dirigé vers un Chambolle Musigny 2007 Les Sentiers de David Duband... Splendide...
Au final, voilà une maison bien tenue, confortable, sans aspérités, offrant une cuisine avec une originalité contenue et maîtrisée. Jean-Michel Lorain est un artisan de grand talent qui sait dompter la tradition sans en devenir l'esclave. Sa table restera sûrement encore longtemps un havre de paix pour les gastronomes épris d'une cuisine bourgeoise de haute volée.
...dommage que la sauce au siphon des petits gris ne parvienne que difficilement à alléger un plat à la richesse légendaire...
... tarifs ?
De beaux produits présentés de manière assez classique, mais des détails assez choquants pour un trois macarons. Décoration d'un kitsch effroyable, carte donnée à l'envers et dont le design est proche de la carte de pizzeria, le chef qui gueule en cuisine mais que l'on entend de la salle,... Par ailleurs nous logions à l'hotel et le petit déjeuner est là encore totalement inadmissible pour un relais chateaux ayant une table aussi réputée : café inbuvable, viennoiseries pains et confitures moins bien qu'au campanile...
Cuisine qu'on peut qualifier de classique, mais qui n'en reste pas moins efficace. Un mélange de saveurs simplement classe, qui ne se complaît pas dans une complexité ultra-sophistiquée (foie gras à tomber, homard charnu et agneau tendre, si tendre... Le plateau de fromages vaut également le détour) ; un personnel adorable, une très belle vue sur l'Yonne...
La déco d'un style assez improbable (dans un genre indéfinissable... Néo-colonialo-chic, je dirais), et seulement 2 vins différents servis lors du menu dégustation. D'aucuns diront qu'ils préfèrent ainsi... Il manque aussi la petite étincelle, pour reprendre les termes d'un autre gastronome d'iTaste, pour en faire un 20/20 :o)