Etonnant comme les bons restaurants sont souvent perdus au fin fond du monde… Il semblerait même que beaucoup de restaurateurs appliquent à la lettre l’adage « Pour vivre heureux, vivons cachés » ! Mais nous savons les dénicher…
Ici, on arrive dans l’antre d’un cuisinier talentueux qui tiendrait un peu d’Einstein aux fourneaux…Le cheveu décoiffé mais l’œil vif, passionné, plein de curiosité et l’envie incessante de faire découvrir de nouvelles expériences en provenance de sa cuisine-laboratoire.
Mr Philippe Brossard est accompagné d’un personnel sympathique et humain. Pas ce genre de personnes qui sont guindées et froides parce qu’elles travaillent dans un grand restaurant. Sa brigade en cuisine doit être aussi compétente, si l’on en croit ce qu’on a dégusté.
Nous avons opté pour le menu qui nous permettait de choisir 2 plats parmi 3, et au lieu d’avoir entrée plat, cela a donné poisson viande. Pour tous les deux, le choix s’est porté sur un saumon à peine fumé à l’huile de vanille…j’aurais bien saucé mon assiette !
Petite prise de risque que nous apprécions, car à la carte, dès ce menu à 34 € (mais sachez qu’à 28€ le choix est déjà très intéressant) on nous propose de la cervelle de veau et du kangourou !
Oui, bien sûr, vos dégustateurs préférés se sont laissé tenter. David n’avait pas mangé de cervelle, comme beaucoup d’entre nous, depuis ses 2 ans mais comme elle était finement préparée, c’est passé tout seul ! Panée à la noisette avec un vinaigre de framboise, et bouillant comme il aime, il y avait fort à parier que c’est lui cette fois-ci qui allait saucer son assiette… Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est très fin et cela aurait, selon David, un peu la texture du tofu. Pour ma part, comme on a toujours besoin de rapprocher les goûts inconnus de ce qu’on a déjà dégusté, j’ai eu l’impression avec le kangourou, d’un magret de canard, mais en plus épais. Cuissons parfaitement maîtrisées, of course !
Nous n’avons réellement pas réussi à choisir UN dessert…alors nous les avons TOUS pris, avec la farandole de desserts…en petites quantités, nous vous rassurons !
Ce qui nous a véritablement charmé, c’est lorsque Mr Brossard s’est déplacé en salle pour saluer un couple d’amis dont nous étions les voisins et pour leur faire goûter une feuille de « mertensia maritima » (qu’il accorde avec du rouget)… il en avait apporté pour nous aussi !
Qu’est-ce donc que cette drôle de chose? Une feuille étonnante…au goût d’huître ! Oui, on vous promet, ça fait un drôle d’effet ! Aller voir sur Wikipédia, même si le texte est encore peu renseigné :http://fr.wikipedia.org/wiki/Mertensie_maritime
Comme dans tout restaurant gastronomique qui se respecte, on privilégie la qualité plutôt que la quantité, nous n’aurons pas d’impression de lourdeur à la fin du repas, mais bien une impression de richesse, sorte de longueur en bouche du dîner.
Belle salle voûtée qui était autrefois une bergerie.
Petits détails raffinés :
- La gelée de rhubarbe proposée avec un sabayon de fraises
- Le fait que tous les menus incluent un plateau de fromages en plus du dessert, d’autant que le choix est varié (fromages régionaux) et qu’ils sont extrêmement bien choisis.
Le Roquefort fondant était tout simplement fabuleux !
Comme c’était finalement un peu notre semaine du goût, David tentera le lendemain une nouvelle expérience dans une brasserie de Royat, en prenant des cuisses de grenouille…on ne l’arrête plus !