En général, on entre chez Pétrossian pour acheter du caviar ou de la poutargue. La table a pris un coup de jeune il y a quelques années avec le recrutement de Rougui Dia, jeune cuisinière d'origine sénégalaise égarée au pays des extracteurs d'oeufs d'esturgeon. Malheureusement les promesses d'un renouvellement gastronomique, sur des compositions "originales et contemporaines" tombent à plat. Les grands classiques autour d'une très belle verticale de "Caviar" , mais qui ne préfère pas le déguster en tête à tête, à la maison, alangui sous les vapeurs de vodka arômatisée ou de champagne rosé millésimé ? Les rares initiatives culinaires aux influences africaines, notamment sur les plats -"Bar et légumes Afriqua Queen (épicé)" et
"Filet de poulet Nouhr" - bien que louables ne présentent que très peu d'intérêt en bouche. Il est vrai que la salle - du haut - est toujours aussi froide et sied mal à l'engagement la jeune chef. Le service est correct, mais peu concerné, et il fait toujours un peu frais dans cette grande salle triste. Triste comme nous de voir Rougui Dia un peu paumée, triste comme nous de voir une grande maison comme l'est Pétrossian depuis 1935 - date de création des premiers ateliers - s'égarer sur un terrain pseudo gastronomique, à l'évidence mal maitrisée. Alors oui, on peut continuer à faire son shopping "caviardisant" chez Pétrossians mais ce n'est pas la peine de monter à l'étage !