J'avais un merveilleux souvenir d'un cassoulet dégusté à cette table réputée du pays de cocagne. De fait, j'y suis retournée le coeur léger, la mine réjouit et la gourmandise affûtée. Las... L'accueil est affable, certes, aimable, sans doute. La table, placée entre la cheminée et la baie vitrée offrant une vue magnifique sur la campagne environnante est agréable. Néanmoins, des miettes jonchent la nappe et les assiettes ; les verres semblent n'avoir pas été correctement lavés (je ne parle pas d'éventuelles traces de calcaire, mais bien des stigmates d'une bouche visiblement maquillée d'un rouge à lèvres beaucoup trop collant pour être effacé). Passons. La commande, justement... il s’agit de rester sur des valeurs précédemment testées : le cassoulet. Une mise en bouche plus tard (verrine de crème d’asperges à la mousse d’eau de tomates), arrivent deux serveurs, portant deux cassoles fumantes et deux larges assiettes en terre. Une cuillère plongée dans la cassole et, splash, arrive dans l’assiette comme dans une écuelle quelques haricots, un morceau de couenne, et un os de confit de canard. Stop, stop, pour le reste, je me servirai seule. Je goûte. Les haricots ne sont pas suffisamment cuits. Les viandes sont fades, comme étant cuites à part. Aucune onctuosité, pas de cohérence. Le tout est, de surcroit, trop salé. A peine, a-t-on le temps de poser la fourchette qu’il est fait table rase. L’un des serveurs s’en va avec la vaisselle maculée, l’autre arrive déjà avec le dessert. Ouf, pas le temps de respirer, ni de digérer. Des madeleines moelleuses tout juste sorties du four (mais froides, malgré tout) servies avec une boule de glace d’une texture parfaite mais d’un goût trop prononcé en vanille, d’une coupelle de chantilly dense, trop compacte et trop sucrée, et d’une crème au chocolat qui s’avère être une crème pralinée collante et sirupeuse. Las... disais-je. Je ne retiendrai de cette escapade qui promettait d’être gourmande que le vin : un chouette Clos Triguedina qui se voulait une belle invitation cependant, puisque cela signifie en occitan : il me tarde de dîner (me trigo de
dina). Déçue, j’ai été... et personnellement, il me tarde d’oublier.