Une aile du château de Sedan a été aménagé en hôtel classieux qui a été affublé évidemment d'un restaurant "gastronomique". L'idée n'est pas mauvaise. La salle affiche un certain kitsch vieille-France avec ses pierres apparentes, ses tableaux d'âges incertains de scènes bibliques et son accueil adorable. C'est d'ailleurs ce qu'il faut retenir, cette gentillesse d'un personnel dévoué et ayant à coeur de bien faire. Mais il y a malheureusement dans le style pompier de cette salle un avant-goût de ce qui vous attend dans l'assiette.
La carte est assez déroutante. Peu inspirée par la gastronomie ardennaise, elle cherche à se montrer, à jouer des coudes pour prouver son caractère gastronomique et "à la mode". Ainsi le yuzu s'est-il invité dans les Ardennes. Il y avait de quoi pressentir le pire.
Le pire n'est pas arrivé, mais le meilleur n'est pas venu non plus. Peut-être en dédaignant le pompeux "menu dégustation" à 63 euros pour se reporter sur le modeste menu "tradition" à 24 euros, avions nous fait un choix qui donnait plus de risque à l'exercice...Reste que les plats se sont succédés sans qu'on ne les remarque. En entrée, la brandade froide présentée en équilibre précaire laisse indifférent, elle se mange, mais s'oublie aussitôt. La tourte de lapin est plus convaincante, mais pas de quoi se jeter par la fenêtre du château. Le saumon, trop cuit, était recouvert d'une couche de tapenade totalement inutile et qui n'apportait rien à l'ensemble. Là encore, pas de scandale, mais rien de plus qu'un saumon de brasserie moyenne. l'onglet était bien mieux, sans être renversant : belle viande, cuite parfaitement et accompagnée de frites maison pas mal du tout, preuve que l'établissement dispose d'un certain potentiel.
En dessert, crème brûlée pas assez brûlée, gâteau au chocolat et blablabla trop sec et au chocolat trop aggressif. On se consolera avec une carte des vins assez riche et à des prix plutôt raisonnables. Mais ce ne sera pas suffisant pour compenser une table trop verbeuse.
On gagnerait sans doute beaucoup à se vouloir plus simple et plus modeste dans l'intitulé comme dans les prix.