Lydia Egloff est en cuisine tandis qu'Isabelle vous accueille : douceur, exigence, finesse, à propos. Et grâce. Ces deux femmes-là sont méconnues à leur juste valeur. L'ingratitude de la région sans doute ...
Au bord de la nationale qui conduit à l'Allemagne, la salle du restaurant est claire et joyeuse, caressée d'une clarté fruitée, ornée de verreries, et de jolis objets colorés. Un patio l'éclaire au centre, en un puits de lumière où pousse un olivier.
En entrée, les bouchées de la reine. La Reine ? La reine de trèfle, en noir et blanc. Absolument pas la reine de pique. Il s'agit de ravioles fourrées de volaille, sur une purée de céleri, nappées d'une sauce à la crème et garnies de parmesan croustillant et de purée de truffe noire. En fait on retrouve les saveurs des merveilleuses bouchées à la reine de notre enfance, celles qui sont hélas si démodées qu'on ne les a jamais revues depuis qu'on est adultes. Elles sont revisitées d'une belle manière. J'ai adoré.
Pour suivre, sur un lit d'asperges tranchées dans la longueur (des asperges d'une tendresse !), se prélassent des morilles fraîches et un filet de saint pierre à la cuisson parfaite, relevé par l'ail des ours, cette plante sauvage qui a une saveur doucement aillée. Et le jus, mmmm. C'est un plat très haut en goût et pourtant délicat et plein de finesse.
La dégustation de fromages fermiers de Philippe Olivier, Maître fromager nous enchante.
Tous parfaitement affinés, ils sont présentés en compagnie de deux pruneaux cuits au sirop, non pas pour manger ensemble, mais après. Ils sont destinés à faire la transition entre le fromage et le dessert, pour délivrer le palais de la saveur du fromage et attaquer le dessert avec les papilles déjà préparées au sucré. Petite attention féminine fort bien venue.
Un dessert tout chocolat pour finir en beauté, avec un savarin au chocolat coulant, dont le coulant est à l'extérieur et non pas à l'intérieur, surmonté de sa mousse aérienne. En haut, un sorbet à la framboise : on croit croquer les framboises sur la branche. À droite une glace à la violette. Cueillies par les fées, les violettes. Le parfum en est subtil comme il faut pour ne pas écœurer, et en bas un petit nid d’œufs de Pâques en pâte d'amandes, pour s'accorder à la fête du jour.
Conseillés par Isabelle, nous avons bu un sublime Meursault village 1er cru de 2007, domaine Coche Dury, qui a parfaitement escorté tous les plats sans faillir de ses puissantes notes fleuries et presque miellées, vous savez, comme lorsqu'on passe sous un seringa, un acacia ou un sureau et qu'on croit sentir le miel.
Un petit peu d'attente entre les plats mais rien d'excessif tout de même.