Il y a deux tables étoilées à Essen, la capitale européenne de la culture 2010. Se méfiant cependant de l'engouement du bibendum pour les tables allemandes souvent prétentieuses, on avait fait le choix de dîner dans la mine, ce qui est de circonstance.
Voici donc le Casino Zollverein, au centre du complexe minier Zollverein, primé au patrimoine mondial de l'Unesco. La salle vaut le détour : une ancienne salle des compresseurs de 6 mètres de haut, tout en béton et en tuyaux, avec au fond un compresseur. Le tout relevé avec un brin de goût pas trop tape à l'oeil.
Ce chic industriel est réinterprété dans l'assiette par un mélange plutôt réussi de produits connus relevés par quelques touches discrètes mais subtiles. La carte est un peu tape à l'oeil et parfois à la limite de l'intelligible. Va donc pour le menu du jour qui s'est rélévé être de très bonne tenue. Certes, les Saint-Jacques étaient modestes, mais la purée de carottes en accompagnement se révèle une excellente idée. Surtout, la touche de vanille est un parfait réhausseur de goût. L'ensemble est très agréable. Même musique pour le filet de sandre, cette fois impeccable, cuit avec précision et parfaitement mis en valeur par la légère acidité d'une choucroute crémeuse. Incroyable : le plat est équilibré (pour son goût) et nullement lourd. Parfaitement agréable.
Moins séduit, en revanche par un dessert inutile : crême brûlée de coco écoeurante et gâteau au chocolat trop sec.
Reste l'impression d'une soirée réussie et d'une cuisine intéressante, créative sans cette lourdeur des "créateurs", mais par quelques touches réussies. Service très sympathique, à l'image de la région. Prix raisonnables pour la qualité quand on songe à ce qu'on aurait pour le même montant à Paris.
La cuisine a quelques travers, le dessert l'a prouvé. Il n'est pas sûr que la carte soit chaque soir de ce niveau.